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L’imam Mahamoud Dicko, président du Haut conseil islamique du Mali, dans l’entretien qui suit, nous parle de la position du HCI dans le nouveau code des personnes et de la famille, des élections à venir et surtout de la paix au nord. Entretien

Les Échos : le code des personnes et de la famille vient d’être promulgué par le président de la République après une seconde lecture.
Le HCI se reconnaît-il dans ce nouveau code ?

M. D. : Le Haut conseil islamique du Mali se reconnaît entièrement et totalement dans le nouveau code. C’est le lieu pour moi de remercier le président de la République, les députés et tous ceux et toutes celles qui ont œuvré pour que notre pays soit doté d’un code fédérateur…Ceux qui disent ou soutiennent que nous avons émis de réserves sur certains articles, je leur réponds que ce n’est pas exact. Nous n’avons émis aucune réserve. Nous avons simplement attiré l’attention du secrétariat sur la formulation de certaines phrases, donc la construction des phrases pour rendre plus parfait le document. Sinon, je le dis et je le maintiens, le HCI adhère totalement au code de la famille.

Les Echos : Les élections générales avancent, quel type d’homme voulez-vous pour le Mali ?

M. D. : C’est vrai, maintenant, tous les Maliens sont concentrés sur les élections. Mais avec ce qui se passe au nord, nous, on s’inquiète. Cela ne veut pas dire que nous sommes pessimistes. Nous souhaitons pour ce pays la stabilité, la paix et le bien être de tous. Alors, si nous devons aller aux élections, il faut que le choix soit judicieux dans l’intérêt supérieur du pays. Que le matériel ne prend pas le dessus sur l’éthique et l’intégrité. Nous voulons un homme intègre qui sera le président de tous les Maliens et travaillera pour tous les Maliens.

Les Échos : Vous avez fait allusion au nord…

M. D. : Oui, ce pays appartient à nous tous. Ce qui se passe dans cette partie du Mali est regrettable. Notre pays n’a pas besoin de guerre aujourd’hui. Nous avons surtout besoin de paix, et de solidarité. Nous devons tout faire pour préserver son unité. C’est dans la cohésion que ce pays pourra faire face aux nombreux défis auxquels il fait face. Quand nous appelons nos frères à la paix, ce n’est pas pour sauver un homme, mais pour sauver le pays. C’est de cela qu’il s’agit. Personne n’a intérêt à ce que ce pays s’embrase. Unis, nous resterons forts.

Propos recueillis par

Idrissa Sako

Les Échos du 17 Février 2012