Partager

Après une dizaine de jours au Tchad sur fond de rencontres avec les autorités de la transition, les partis politiques de l’opposition, la société civile et des diplomates en poste à N’Djamena, la mission de l’Union africaine (UA) est au rapport. Plutôt que d’engager des sanctions, ledit rapport préconise que l’organisation panafricaine déroge à ses principes pour accompagner le Tchad qui, disent les experts, constitue « un verrou essentiel contre le terrorisme en Afrique ( …) ». Mais en attendant que le Conseil paix et sécurité de l’UA qui n’était pas parvenu à adopter une position commune en fin avril dernier,  se prononce en faveur ou non de sanctions contre le Tchad, le président de la transition,  Mahamat Idriss Deby, vient d’engager une offensive diplomatique aux fins de s’assurer du soutien de certains pays voisins. A cet effet, il était en séjour, le 10 mai dernier, à Niamey où il a rencontré le président Mohamed Bazoum. Alors, pourquoi le choix du Niger comme destination première ? Plusieurs raisons peuvent expliquer cela. La première, c’est que le Niger   partage une longue frontière avec le Tchad, que les rebelles avaient récemment traversée. La deuxième raison, c’est que le président nigérien a été désigné par le G5-Sahel qui regroupe cinq pays de la région que sont le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et bien entendu du Tchad, comme facilitateur entre les autorités de la transition et les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) que les forces armées tchadiennes disent avoir totalement défait. 

Une manière de rassurer ses partenaires et profiter demander leurs soutiens

Rentré en triomphe à N’Djamena, le week-end écoulé, le chef d’Etat major général des forces armées tchadiennes a même annoncé la fin des opérations de combats dans le Kanem. Rappelons aussi au passage que certains rebelles du FACT qui avaient trouvé refuge au Niger, ont été arrêtés et attendent d’être situés sur leur sort. Et ce n’est pas tout. Près de 1 200 soldats tchadiens sont déployés à Téra, du nom de cette ville nigérienne située dans la zone dite des « trois frontières », dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Le président Mahamat Idriss Deby  a d’ailleurs mis à profit son séjour au Niger, pour aller à la rencontre de cet important contingent dont certains avaient annoncé, à tort, le départ, au lendemain de la mort du maréchal Idriss Déby Itno. Le déplacement de l’homme fort de N’Djamena est une manière, pour lui, de rassurer ses partenaires et profiter demander leurs soutiens pour la conduite de la transition. Surtout que des voix et pas des moindres, s’élèvent de plus en plus pour dénoncer la répression des manifs des partis politiques de l’opposition et de la société civile. Le dernier cas en date a été la dispersion, à coups de gaz lacrymogènes et de balles réelles, de rassemblements, le 8 mai dernier, du mouvement Wakit Tama, qui aurait fait plusieurs blessés et des dizaines d’arrestations. 

B.O

Source: Lepays.bf