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A quelques mois de la fin du mandat des conseils communaux, les maires du district de Bamako défrayent la chronique. Surtout celui de la Commune VI. Souleymane Dagnon, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a fait de la spéculation foncière son sport favori.

Dans cette course effrénée de brader le patrimoine foncier de la commune VI, il ne recule devant plus rien. Le hic est que les décisions de l’ancienne équipe communale sont remises en cause avec ou sans l’aval de l’autorité de tutelle. Et il se serait taillé la part du lion en se tapant 100 parcelles sur les 500 devant servir à régler les litiges fonciers à Banankoro.

La commune VI est l’une des rares communes du district de Bamako qui possède encore plus de réserve foncière. Cet atout, le maire devait mettre à profit pour épargner sa commune de la spéculation foncière à outrance.

Mais malheureusement, tel n’est pas le cas. L’arbitre (le maire) est devenu un joueur. Et les litiges fonciers, nés de sa mauvaise gestion, risquent de porter un coup dur à la cohésion sociale de sa commune.

En effet depuis juillet 2007, des opération illicites sont effectuées par le maire et certains de ses conseillers. Au grand étonnement de la population et des autorités. Elles ont pour nom vol de terrains, spoliation, remise en cause des lotissements de l’ancienne équipe.

La magouille à ciel ouvert

Avant de s’étendre aux autres quartiers de la commune, ces opérations ont commencé à Sogoniko, carrefour de Niamakoro, avec le retrait de plus de 70 parcelles attribuées aux habitants de la commune VI. Toujours dans cette zone, 110 parcelles des 150 de Sogoniko sud destinées aux victimes des casses de Bougoudani, auraient été détournées, disent nos sources.

Plus grave, la gestion des parcelles, mises à la disposition de la mairie par la commission des litiges fonciers au niveau du district de Bamako, est des plus floues de l’histoire foncière du Mali. Elles devaient servir à régler tous les litiges nés des opérations de lotissement des équipes antérieures.

Mais Souleymane Dagnon en a décidé autrement. Les propriétaires ne connaîtront jamais le numéro de leur lot. Les 500 parcelles auraient été entièrement reparties entre les conseillers. Et le maire s’en est sorti avec 100.

Cela n’est que la partie visible de l’iceberg. Un véritable drame écologique se serait joué au bord du fleure. On parlerait même de vol de terrains. Parce que le lotissement se serait opéré sans le consentement du conseil municipal et de l’autorité de tutelle.

Il s’agit des terrains de la commune à Magnambougou au bord du fleuve, à Dianéguéla zone carrière, a Yirimadio route de Missabougou, à Missabougou derrière le marigot, a Sogoniko sud.

Aussi plusieurs champs de culture à Sénou et Yirimadio auraient- ils été morcelés avec la complicité de leurs propriétaires qui bénéficient du 1/3 et les 2/3 reviennent au maire et à quelques conseillers.

Cette situation fait aujourd’hui que les zones de récasement disparaissent.

Par ailleurs, les marchés subissent malheureusement le triste sort. Les décisions de morcellement subiraient présentement des modifications notoires. Les parcelles sont réduites et mises à la disposition d’autres personnes.


La population crie à l’injustice

Après la démolition des constructions illicites sur les 95 hectares à Yirimadio, les ayant droit avaient soufflé un ouf de soulagement. Ils pensaient entrer en possession de leur lot. Mais c’était sans connaître les intentions réelles du maire.

Au lieu de mettre les gens dans leur droit, il aurait préparé un document appelé «feuille de route» qui crée de nouveaux attributaires sur l’espace.
Cette feuille de route serait en contradiction flagrante avec l’esprit de la lettre N° 635/MDEAFH/SG du 25 juillet 2003. Cette lettre avait donné des directives à l’ancienne équipe pour gérer cet espace.

A Missabougou, c’est le même son de cloche. Les terrains, déjà attribués par décision 026 M/ CVI/DB du 28 mai 2003, seraient en train d’être retirés par le maire.
La population de la commune VI crie à l’injustice. Et les autorités dans tout ça ?

Par ses maladresses, sa commune serait au bord de la révolte.

Yoro SOW

14 Juillet 2008