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C’est une fierté pour la femme de porter le nom de famille de son mari

jpg_une-911.jpgLes épouses portent et répondent au nom de leurs époux : « Mme DIAKITE », « Mme FOFANA ». Cette pratique est méconnue dans le pays profond. Lors de la célébration officielle des mariages, le maire ou l’officier d’état civil rappelle toujours cette disposition du code du mariage au Mali : « l’homme est le chef de famille ». De ce fait, il n’est pas surprenant que les femmes mariées d’aujourd’hui, surtout celles de nos grandes villes se fassent appeler Mme X ou Y, en référence au nom de famille de leurs maris.

Ce fait social est né de l’acculturation et l’aliénation des valeurs sociales du terroir à la suite de la colonisation du continent africain par l’Occident. Le partage de l’identité du chef de famille suscite divers commentaires. La sociologue Awa Diarra, de l’Université des Lettres et Sciences Humaines, juge que cette pratique venant de l’Occident ne dérange rien dans notre société. « La femme garde son nom de famille, mais elle peut aussi porter le nom de son mari », a-t-elle indiqué. C’est un signe de respect qui rend décent le regard jeté par les autres sur la femme mariée. C’est une fierté pour la femme, surtout qu’on est dans une société où le mariage compte beaucoup. Dans une assemblée féminine, les interpellations « Mme Koumaré », « Mme Cissoko », distinguent les célibataires des maîtresses de maison.

La sociologue Diarra opte pour cette pratique qui consiste à porter le nom de famille de son mari, mais à condition que l’épouse ne perde pas son identité. La femme ne doit jamais oublier qu’avant le mariage, elle appartenait à une communauté culturelle ou à une famille. L’épouse ne doit nullement perdre ou ignorer ses origines au profit d’autres valeurs familiales d’emprunt. La vendeuse de patates Sitan Diarra de Kalaban Coura est demeurée une vraie paysanne dans l’âme. Elle témoigne que dans les cérémonies de mariage ou de baptême, les participantes ne donnent de l’argent aux griots que lorsque leurs louanges sont ponctués de « Mme Keïta », « Mme Coulibaly », « Mme Sidibé ». Mais la paysanne Sitan Diarra ne cache pas sa gêne quand quelqu’un l’appelle « Mme Sangaré ». « Nous ne sommes pas du tout habituées à ces genres de choses dans nos villages », rappelle la vendeuse de patates. Selon Aïssata Maïga, c’est une fierté et un signe de respect. « Imaginez-vous que dans une cérémonie de sumu qu’on m’appelle Mme Cissé. Je sens automatiquement une certaine fierté, une satisfaction morale », a-t-elle souligné.

Pour cette interlocutrice, quand on appelle une femme Mme tel, cela montre qu’elle est sous le couvert d’un homme et du coup ceux qui ont l’intention de la courtiser, gardent leur intention pour eux-mêmes. La femme bénéficie de façon symbolique des avantages et respects dus aux rangs de leurs maris. Même si elles n’exercent pas la profession de leurs conjoints, on leur distingue souvent à travers la qualification professionnelle de ces derniers. « Vu les pesanteurs sociales, cette situation profite beaucoup à la femme. Aïssata Maïga a mis en exergue le côté positif de partager l’identité de son époux.

Importée. Cette nuance de la complicité des deux conjoints fait ressortir l’unité ou le jumelage de deux familles. C’est une garantie solide du bonheur conjugal. Une pratique importée de l’Occident

– Le sociologue Faco Diarra souligne que la femme n’a pas l’habitude de porter le nom de famille de son mari dans notre société traditionnelle. Il explique que « cette pratique n’a jamais existé dans nos communautés culturelles. C’est une pratique française sinon même purement occidentale. C’est un signe de l’individualisme occidental ». Une fois qu’elle est mariée, la femme chez les Occidentaux rompt complètement avec sa famille d’origine. Ainsi elle porte le nom de son mari, non seulement pour se distinguer des autres, mais pour faire comprendre à la communauté qu’elle est liée à un homme. Le lien conjugal est consacré et scellé à vie chez les Blancs par l’église à travers la monogamie. C’est l’autorité religieuse qui accepte ou qui pousse l’épouse à partager le patronyme de son mari : « Mme Cissé », « Mme Ly ». Contrairement à ce qui se passe chez les Occidentaux, la femme mariée dans notre société reste toujours membre de sa famille d’origine.

« L’épouse n’est jamais oubliée par sa propre famille malgré la distance qu’elle aura parcourue » a souligné le Pr Faco Diarra. Il estime que la femme a toujours son mot à dire sur les questions concernant la famille de ses parents. Dans notre pays, elle appartient au groupe et travaille pour toute la société. « La femme est fondue dans le groupe » précise le sociologue Faco. C’est pourquoi le lévirat existe dans notre société. Il est admis par nos coutumes, et oblige un homme à épouser la veuve de son frère qui est mort. Mais chez les Occidentaux une fois que le conjoint n’est plus, la femme devient libre. Elle a le choix de se remarier ou non. Du point de vue de notre spécialiste, si les femmes occidentales prennent les noms de leurs conjoints, cela cadre bien avec la monogamie.

La grand mère Sira Diarra, âgée de 80 ans, n’a jamais connu cette pratique qui colle le nom du mari au prénom de son épouse. « C’est une pratique importée de l’Occident. C’est le vent de la modernité qui l’a introduite au Mali. Puisque toutes nos femmes veulent imiter les Européens alors la pratique a pris de l’ampleur », commente-t-elle avec indignation. L’octo-génaire, rappelle que notre société a sa propre façon de distinguer une femme mariée : « on disait la femme d’un tel ». Ainsi en se mariant avec Abou Traoré, Fatou Diarra est devenue « la femme de Abou » (Abu muso, en bambara). Cette opinion est aussi partagée par le sociologue Faco Diarra. La vieille Sira Diarra insiste sur le fait que nous avons encore en vigueur notre coutume dans ce domaine.

« La coutume d’autrui ne peut pas être la nôtre. L’oublier conduira à la mort de nos traditions » a-t-elle souligné. Le 3ème adjoint au Maire de la Commune II, Abdoulaye Bassolé déclare que le fait que la femme porte le nom de son mari ne ressort pas des textes officiels. Il soutient lui aussi que la pratique est venue du pays des Blancs. « A ma connaissance, cette pratique n’est écrit nulle part dans le code de mariage » a-t-il souligné. « Mais en analysant bien le nouveau code de mariage, il apparaît que ledit document fait cas de cette pratique », a ajouté l’élu municipal. L’adjoint au Maire Bassolé s’est appesanti sur l’article 319 du nouveau code de mariage qui stipule que « L’homme est le chef de famille. C’est l’homme qui choisit le lieu de résidence ». La femme prend son nom et en cas de divorce. Elle a le loisir de l’abandonner ou le garder par consensus. L’édile assure que cette pratique est formidable.

Elle prouve que l’homme reste prééminent au foyer. Il garde sa plénitude de chef de famille. Cependant Labbas L. Diallo, sociologue à l’université des Lettres et Sciences Humaines, pense que cette pratique date depuis des lustres. Mais il soutient que l’Occident est venu la fortifier. « Cette pratique existe depuis le fondement de notre société qui est patriarcale. Notre société a subi d’abord l’influence de la Dina (culture musulmane) et de l’Asie, avant d’embraser celle de l’Occident (le colonisateur français) a-t-il indiqué. « La femme de Moussa Bagayoko » ( Moussa muso) est devenu « Mme Bagayoko ». C’est un symbole de protectorat et de leadership. Des rôles que notre société a toujours octroyés aux hommes.

Aminata Dindi Sissoko

L’Essor du 20 juillet 2012


Herpès : COMMENT ÉVITER LES RÉCIDIVES ?

Infection courante due à un virus, l’herpès est d’ordinaire bénin, mais il peut devenir grave chez un malade traité pour un cancer. Après une poussée d’herpès, le virus reste comme endormi dans le ganglion nerveux central. Comment faire pour éviter de le réveiller ? Quand le virus s’endort : A la fin d’un épisode d’herpès, le virus migre en suivant le nerf de la région concernée jusqu’au ganglion nerveux central situé au niveau du cou pour l’herpès labial et au bas du dos pour l’herpès génital. Il reste comme endormi à cet endroit, sans aucune manifestation (on dit qu’il est en latence).

Suite à des facteurs favorisants, le virus peut se réveiller, faire un retour dans la zone de la muqueuse ou de la peau où a eu lieu la primo-infection et redonner des manifestations cliniques : on parle de poussée herpétique à « récurrence herpétique » en langage médical.
Le rythme et l’intensité des récurrences sont variables d’une personne à l’autre et même d’une période à l’autre chez la même personne. Au cours de l’herpès génital, les manifestations peuvent être totalement absentes pendant une récurrence. qu’est-ce qui favorise les récidives ?

Les circonstances de survenue de l’herpès qu’il soit oro-labial ou génital, sont généralement bien connues des personnes qui souffrent régulièrement de poussées d’herpès : Une exposition au soleil car le rayonnement UV très intense favorise l’herpès ; une infection avec fièvre comme la grippe ; un stress physique ou émotionnel ; une fatigue générale, un décalage horaire ; les règles, les relations sexuelles ; la prise d’alcool ; un traumatisme local comme des soins dentaires. Peut-on éviter les récidives ? Une fois dans l’organisme, il est difficile, voire impossible de se débarrasser du virus de l’herpès. En effet, lorsque le virus sommeille dans le ganglion nerveux, les médicaments ne peuvent pas l’atteindre. Des antiviraux existent mais ils ne sont efficaces que lors de la multiplication du virus et donc uniquement lors des poussées d’herpès.

D’autres médicaments (les antiseptiques, les asséchants, les antibiotiques) en utilisation locale, peuvent aider à réduire les symptômes et la surinfection des lésions par d’autres microbes. En cas de poussée d’herpès simple vous pouvez utiliser :
- dès les premiers signes, les crèmes antivirales en vente libre en pharmacie. Elles peuvent raccourcir l’évolution de l’herpès si elles sont appliquées très tôt. 
- des antiseptiques pour désinfecter les ou la zone des bouquets de vésicules. Il faut les appliquer doucement avec des compresses stériles.

L’Essor du 20 juillet 2012