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Vous n’êtes pas un appelé d’urgence mais un homme qui vient en son temps. Bienvenu alors mais surtout bonne mission au nouveau chef du gouvernement Modibo Sidibé. Mes propos sont ceux d’un républicain prêt à tout pour que vous réussissiez votre séjour à cette haute station de l’Etat.

J’ai parié bien avant ce jour de septembre, celui de votre nomination, que vous êtes un des rares à pouvoir porter l’étoffe primatoriale pour accompagner le dernier quinquennat du président ATT. Les arguments en votre faveur sont votre parcours sur les marches défoncées de la République avec ses coupes sombres et ses balbutiements. Vous connaissez et les hommes et les dossiers du Mali démocratique sous sa IIIe République.

Qu’ils soient galonnés de la mouvance présidentielle ou estampillés opposants, les hommes politiques maliens n’ont pas aspérité ignorée de vous. Vous savez autant les crampes des muscles d’un Mali qui se veut gagnant : questions subversives du Nord, identités complètement poreuses aux souffles de la corruption, pathologies gangrenées de l’école, port honteux et controversé des couleurs nationales, entre les institutions de la République, les circulations sur les rues de la République sous la direction de l’incurie et de l’indiscipline…

Donc M. le Premier ministre vous êtes déjà un averti de tous ces cahiers de charges de la nation à la République. Un sacerdoce, vous avez dit ? En acceptant le challenge moi je ne suis pas surpris. Et le chef de l’Etat ne pouvait trouver finalement mieux. C’est ma conviction.

Dès lors, vous devriez de lui avoir carte blanche, j’allais dire maximum de marges de manœuvres. Mes soupçons disent que le temps pris pour la formation de l’attelage gouvernemental en est un signe précurseur. Ainsi soit-il !
A cet effet, chef d’orchestre alerte et positif, vous devriez constamment avoir à l’œil les clavecinistes aux conduits auditifs défaillants mus par une simple rente de l’Etat au gouvernement. Ne bradez pas la République. Ne nous donnons pas un gouvernement largeur 30 mètres où les promenades se le disputent aux fantaisies sans résultat probant sur le terrain.

Que cessent enfin les folklores intempestifs. Que l’information saine serve de viatique à la nation. Que l’éthique et la déontologie recouvrent leur sens. Que le mérite soit magnifié et récompensé. Que la justice redevienne socle. Que la transparence soit vertu et pourquoi pas vice.

M. le chef du gouvernement, vous le savez, nos textes fondamentaux sont le ventre mou de notre démocratie républicaine. Instruisez qu’ils soient vite revus et corrigés. Ce serait peut-être une chance pour sortir le politique de sa torpeur dans un champ de jeu clair et respecté.

Combattez les criquets et autres déprédateurs, mais aménagez autant que vous en aurez les moyens les riches terres du Maliba, de Diboli à Tessalit. Les jeunes et les femmes, les pères et les mères vous attendent les cœurs ouverts sur les chantiers avec l’espoir que le policier que vous êtes saura lire et agir à temps sur les signaux sociaux puisque par devoir et par profession, informé, le premier.

M. le PM, gouverner par les vertus de la communication vraie. Agissez en vérité et bavardez moins. D’ailleurs vous êtes sur la bonne voie, il vous est reproché d’être avare en paroles. Alors restez vous-même tout en cultivant avec fertilisants vos qualités nombreuses. Tous comptent sur vous pour libérer le grand frère national de la tenaille de ces nombreuses sensibilités associatives.

Que l’homme qu’il faut soit enfin partout à sa place. Que nul segment ne vienne emprisonner le pays dans ses ambitions personnelles sordides.
M. le PM donnez à notre drapeau, dès demain, ses véritables couleurs à la place des tissus avachis par les intempéries. Que les cadres de la République se meuvent pour qu’on en finisse avec les directeurs troncs d’arbres, inamovibles, enracinés aux postes. Le citoyen indispensable est une claustrophobie intellectuelle.

Chef de gouvernement, refusez d’être stoïque et écrivez votre nom sur le marbre de l’immortalité. ATT vous en offre le plateau. Donnez-nous raison d’avoir applaudi votre nomination à la prestigieuse fonction primatoriale vos atouts étant : la jeunesse et certainement la compétence.

Alakadion

05 octobre 2007.