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Pour le président français, Emmanuel Macron, l’application de l’accord d’Alger passe par la révision constitutionnelle. A ce titre, il encourage la réforme de la Constitution, initiée par le chef de l’Etat, IBK.
 
A la faveur de la réunion du G5-Sahel, Emmanuel Macron a laissé son soutien notamment par rapport à des sanctions contre ceux qui s’opposent à l’application de l’accord issu du Processus d’Alger. Il a fait référence en particulier à la révision constitutionnelle qui serait motivée par la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la Réconciliation nationale.

« Il y a eu beaucoup d’avancées depuis la signature de l’Accord d’Alger en 2015 mais aussi, il faut aujourd’hui collectivement  fournir d’efforts. Il y a beaucoup d’attentes et nous accompagnerons à ce titre le Mali pour que les décisions en matière de décentralisation, de gouvernance et que les mesures concrètes en matière de sanctions contre ceux qui ne respectent pas le processus soient mises en œuvre dans les toutes prochaines semaines », a déclaré M. Macron.

Pour lui,  « il y a en effet des accords qui ont été signés à Alger et les prochaines semaines seront critiques pour leur bon respect ».

Et au chef de l’Etat français d’ajouter : « Je suis heureux de la détermination du président Kéita. Dans les prochaines jours, le président va prendre des sanctions contre ceux qui s‘opposent à la mise en œuvre de l’accord et il va mettre de manière concrète des patrouilles mixtes en particulier à Kidal. Et la mise en place du fonctionnement des autorités intérimaires au nord comme prévue par l’accord. Cela veut dire que le président ne se laissera pas arrêter dans la en œuvre la réforme constitutionnelle qui est attendue dont le pilier est en particulier la régionalisation qui est indispensable dans le pays. Et tout ça relève de la souveraineté du Mali et du peuple malien. Mais j’ai entendu un président déterminé à appliquer les accords ».

IBK, garant de l’Accord d’Alger

Si Macron s’est exprimé ainsi, c’est pour appuyer les arguments du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita. Selon IBK, la révision constitutionnelle est guidée en grande partie par le respect de l’Accord d’Alger. « Nous avons pensé à mettre en œuvre des réformes institutionnelles indiquées par l’accord. Nous sommes en train aujourd’hui d’essayer de faire en sorte que la réforme de la Constitution aboutisse. Urbi et orbi nous ferons tout pour l’honneur du Mali de faire en sorte que l’accord que le Mali a signé soit appliqué. Il s’agit de l’Accord pour la paix et la réconciliation, signé en Alger en toute liberté. Et je viens de faire un constat que le peuple malien massivement a approuvé cet accord-là », a-t-il lancé.

IBK est convaincu qu’il y a des malices dans la démarche de l’opposition : « J’ai encore mis au défi, le jour de l’Aid El Fitr, quiconque de dire que ‘je suis contre l’accord de paix’. Personne. Y compris l’opposition. « Mais, on va essayer par des malices, par de faits divers, de mettre en cause cet accord-là, et l’une de ces malices consiste à faire soulever, à faire un  tollé  contre le projet de loi référendaire. Au motif qu’il serait un projet d’augmentation exponentielle du pouvoir du président de la République. IBK n’a aucune espèce d’intérêt dans ce projet. Aucune ! L’intérêt qu’il a, c’est que l’engagement du Mali soit tenu et l’application de l’accord soit effective. Et cela sera fait, Inch Allah. Parce que, pas par acte dictatorial, l’Assemblée nationale du Mali qui est une émanation du peuple malien a voté cette loi référendaire. Elle a voté, par 111 voix pour et 35 contre. Elle a approuvé le projet de loi référendaire et simplement le vote de l’Assemblée ne suffit pas. Il faut aller au référendum. C’est à ce niveau-là que nos amis sont sortis du bois pour dire non » a déploré le chef de l’Etat.

 » Ce qu’il faut savoir, c’est qu’avant le vote de la révision de la Constitution, l’opposition a participé à des concertations sur la question. Ils (Ndlr : les députés de l’opposition) ont apporté leur amendement tout au long et à loisir sur le texte soumis. Ils ont participé à un séminaire tenu dans le cadre de cette révision-là. Mais par finir, non seulement, ils ne sont plus d’accord mais le président Kéita serait mieux inspiré de retirer ce projet de loi du circuit. Si je le fais, je trahirai mon pays et la situation de mon pays ».  

Cette sortie du président IBK relance le débat sur la révision de la Constitution.
Alpha Mahamane Cissé

Du 04 Juillet 2017