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L’espace scolaire malien est devenu un lieu de rencontre, de règlement de comptes entre les patrons (administration et syndicats) ; et les élèves demeurent les brebis galeuses de cette situation calamiteuse.

Comme un adage le dit, quand deux enfants se battent dans la forêt, ce sont les arbustes qui font les frais.
Mes chers collègues et mes chers professeurs qui m’ont enseigné, je vous invite très humblement à reconsidérer votre position afin de ne pas compromettre l’année scolaire 2007-2008 et l’avenir des élèves et étudiants.

Je considère, sauf erreur de lecture de ma part, que quelques points de revendications ont fait l’objet d’accord, à savoir :
– la levée des obstacles juridiques ;
– l’intégration de nous les enseignants contractuels à la fonction publique des collectivités 2009 ;
– La poursuite du processus d’alignement des nos salaires sur celui des fonctionnaires de l’Etat ;
– l’augmentation de 2,50% de notre salaire avec rappel ;
– la relecture de la loi d’Orientation sur l’Education.

Je reconnais que ces revendications sont légitimes à plus d’un titre, mais force est de constater que nous sommes en train d’aller loin. Evitons les revendications catégorielles.
Je vous en prie, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Notre pays a besoin d’une école apaisée et performante. J’espère que le syndicat peut et doit analyser autrement ces points saillants.

D’ailleurs, selon nos sources d’informations, les évaluations ont continué dans certains établissements secondaires, même si celles-ci sont dissimulées par certains collègues. Voilà encore que de nouvelles dates de composition sont fixées du 10 au 20 Mars 2008.

Est-ce que nous devons encore boycotter ces compositions? Qu’allons-nous faire si l’administration des collectivités territoriales prenait des sanctions contre nous pour violation des dispositions des contrats qui nous lient?

Ce n’est pas par esprit de dissidence que je dis tout cela. Mais force est de constater qu’on veut nous utiliser comme des fers de lance au sein de la COSES. Contractuels de tous les établissements, unissez-vous pour barrer la route à ceux qui veulent nous voir traîner dans la rue. La situation est critique, l’heure est grave.

L’heure du syndicalisme malien nous a enseigné que les responsables des syndicats, pour la plupart, ne sont que des chercheurs de poste.Ils se donnent une image pharaonique vis-à-vis des gouvernants et trouvent leur compte dans ce jeu.

Nous ne saurions être des échelles ou des surenchères de qui que ce soit. De toutes les façons, cherchons à sauver l’école malienne. Selon l’éminent chercheur Joseph Ki-Zerbo, l’historien est celui qui se sert du passé pour comprendre le présent afin d’entreprendre l’avenir.

M. Mariko Traoré, Enseignant contractuel

11 Mars 2008.