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Le Républicain: Quel est l’objet de votre présence à Bamako depuis quelques jours ?

jpg_Sans_titre-1-32.jpgSaïdou Guindo : Je suis à Bamako dans le cadre de l’Accord de Coopération se rapportant à l’exécution au Mali, des peines prononcées par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR). Je vous remercie donc de l’occasion que vous m’offrez de m’entretenir avec vous et d’éclairer vos lecteurs sur le Tribunal Pénal International pour le Rwanda basé à Arusha en Tanzanie.

Cet Accord de Coopération auquel j’ai fait allusion, et qui a été signé en 1998, est dans sa phase d’exécution depuis 2001, année au cours de laquelle six condamnés du TPIR ont été transférés au Mali.

Récemment, les 3 et 7 décembre 2008, le TPIR a entrepris de transférer successivement deux et sept condamnés du TPIR dans le nouveau quartier pénitentiaire des Nations Unies à la Maison centrale d’Arrêt de Koulikoro.

Quel bilan faites-vous des relations entre le Mali et le Tribunal Pénal International pour le Rwanda? :

Le bilan est très positif. Le Mali, il faut le noter est le premier pays membre des Nations Unies à signer un accord de coopération en matière d’exécution des peines prononcées par le TPIR. Mieux, il a été le premier pays à accueillir les condamnés du TPIR sur son sol. Il a ensuite octroyé un terrain pour la construction d’un quartier pénitentiaire réservé aux condamnés du TPIR.

Ledit quartier a été construit avec une participation financière d’égale partie avec le Mali.

Je pense que le sacrifice consenti dans ce domaine, participe de sa volonté à lutter contre l’impunité, pour l’instauration d’un monde épris de paix et de justice.

Le Mali a toujours répondu favorablement à toutes les sollicitations du TPIR depuis la signature de cet Accord.

Quel avenir pour le TPIR ? :

Comme vous le savez, le TPIR a un mandat bien précis qui consiste à juger les personnes interpellées dans le cadre des douloureux événements ayant conduit au génocide rwandais en 1994.

Au terme des procès en première instance et en appel, le TPIR pourrait clôturer ses travaux, probablement dans deux ou trois ans. Cependant, un mécanisme sera mis en place pour gérer les questions résiduelles après la fermeture des activités du tribunal.

Le mécanisme qui sera mis en place aura certainement à gérer les questions se rapportant au suivi de l’exécution des peines au Mali.

Propos recueillis par S. El Moctar Kounta

15 Décembre 2008