Partager

Dans le cadre de son soutien aux efforts actuels du Gouvernement pour l’unité et l’intégrité du Mali, la Coordination Malienne des Organisations Démocratiques (Comode) a organisé, le samedi 21 décembre 2013, une conférence-débats sur le thème : “les rébellions récurrentes dans l’Adrar des Ifoghas, région de Kidal”. Ladite conférence-débats était principalement animée par l’ancien Premier ministre Ahmed Mohamed Ag Hamani. A ses côtés, l’on notait la présence du président de la Comode, Pr. Ali Nouhoum Diallo.

Dans ses propos, M. Ahmed Mohamed Ag Hamani a indiqué que la crise profonde qui secoue le Mali depuis 2006 a atteint son point culminant en 2012 avec l’occupation des régions de Tombouctou, Gao et Kidal par les groupes armés. Il serait nécessaire, à ses dires, de jeter un regard rétrospectif sur les crises précédentes qui ont périodiquement secoué le pays depuis l’indépendance à nos jours et dont la mauvaise gestion serait en grande partie responsable de celle que nous vivons en ce moment. M. Ahmed Mohamed Ag Hamani a indiqué que de son indépendance à nos jours, le Mali a connu quatre (4) générations de rébellions: celle de 1962-1964 ; celle de 1990-1994 ; celle de 2006 et celle de 2012.

M. Ag Hamani souligne qu’à la suite de crise de 2012 qui a frappé notre pays, le Mnla s’est retrouvé en position de faiblesse et a décidé de renoncer à ses velléités séparatistes en invitant le Gouvernement malien et la communauté internationale à la négociation sous l’égide de médiateur de la Cedeao. L’ancien Premier ministre du Mali a rappelé que l’Accord Préliminaire de Ouagadougou, issu de cette négociation, a permis la tenue de l’élection présidentielle du 28 juillet 2013 dans des conditions de sécurité acceptables.
Pour évoquer la situation particulière et actuelle de Kidal, M. Ahmed Mohamed Ag Hamani a indiqué que la région de Kidal a été créée à la suite des accord de Tamanrasset. L’histoire de cette localité est intimément liée à celle des rébellions que le pays a connues, car elle constitue le berceau même desdites rébellions depuis l’indépendance du Mali. Et c’est pourquoi, “Kidal n’a pas connu le même schéma de libération que Gao et Tombouctou”, a ajouté M. Ag Hamani.

Toujours selon l’ancien Premier ministre, bien que les forces françaises et celles de la Minusma y soient présentes, la ville de Kidal demeure sous le contrôle du Mnla qui l’administre de manière presqu’autonome.
“Le contrôle continu du Mnla sur la région de Kidal constitue en soi une rupture de l’ordre constitutionnel et représente une violation fragrante de l’intégrité territoriale du pays. De nombreuses violations imputables au Mnla ont en lieu à Kidal, en particulier des atteintes à l’intégrité physique ainsi que des arrestations illégales et des détentions arbitraires dont sont souvent victimes des touaregs, perçus comme étant proches des factions rivales du Mnla, favorables à l’unité du Mali ou au pouvoir de Bamako”, a rappelé le conférencier.

Selon M. Ahmed Mohamed Ag Hamani, il ne s’agit pas d’un conflit entre les communautés ethniques du nord, ni entre les communautés du nord et celles du sud. Ce qui amène le conférencier à dire que les milices armées doivent être exclues des négociations au profit des représentants légitimes de toutes les régions du Mali. M. Ag Hamani ajoute que le Mnla est une milice armée qui doit être démantelée. Selon lui, tous ceux qui ont une part de responsabilité dans cette situation de Kidal, qu’ils soient du nord ou du sud, doivent répondre de leurs actes devant la justice.

Tougouna A. TRAORÉ

Nouvel Horizon du 24 Décembre 2013