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4 jours plus tard, c’est-à-dire le 3 janvier (les faits remontent à 2006), la famille du défunt décide du port du « shingo », cette pratique traditionnelle qui serait susceptible de désigner le coupable.

C’est à partir de là que les problèmes du vieux Tiga Sawadogo, 50 ans, commencent, puisqu’il est indexé par le « shingo » parmi la foule.

Tiga retourne chez lui sous les larmes de ses enfants et de sa femme. C’est alors qu’un groupe de jeunes, plus de la quarantaine, armés de machettes, de gourdins et de pierres lancent une chasse à l’homme contre le vieux Tiga.

Il fut pourchassé comme un chien enragé, rattrapé, littéralement haché et pilé comme un fauve qui vient de commettre des dégâts irréparables. Après avoir commis leur forfait, nos chasseurs de sorciers laisseront leur victime en plein air et à la merci des bestioles. Tiga n’aura de tombe que plus de 24 heures après le constat de la gendarmerie.

Devant un tel acte, l’on s’interroge sur la nécessité de certaines pratiques traditionnelles subjectives qui n’honorent pas nos coutumes et coûtent la vie à des citoyens burkinabè.

Sidgomdé | Sidwaya

24 septembre 2007