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La recrudescence des vols et attaques à main armées dans la capitale malienne, ont créé un état d’esprit de « hors la loi » chez certains maliens. Il s’agit du lynchage et de l’immolation par la foule, des individus accusés de vols. Cette justice de la rue, qui est d’une autre époque commence à prendre place dans nos comportements de tous les jours. Et plus nous la pratiquons, plus nous nous éloignons de l’humanisme pour être plus proche de l’absurdité.

De nos jours, ce phénomène commence à se réinstaller dans la capitale et cela est vraiment inquiétant. Il s’agit de ces justiciers de la rue qui n’accorde plus d’importance ni à la police, ni à la gendarmerie et par excellence ni à leur constitution. A cause d’eux, la protection civile ne chôme plus au Mali. En effet, après leurs forfaits, il incombe aux agents de la protection civile de ramasser les victimes. Et pourtant, la vie humaine est sacrée et nul n’a le droit de l’enlever. Mais actuellement c’est le cadet des soucis de ceux qui décident, soit par pulsion ou par obsession, d’ôter la vie à leurs semblables. Et le plus souvent, pour la simple raison que leurs victimes ont été pris en flagrant délit de vol.

Ces actes causés par la recrudescence du nombre de vols et agressions physiques dans la capitale sont vraiment inquiétants. Ils donnent bel et bien, l’impression que nous vivons dans une jungle urbaine où règne la loi du plus fort et sans le moindre respect de nos forces de l’ordre et de nos institutions juridiques. Le cas de ce jeune homme, tabassé à mort, pour avoir dérobé huit mille franc à une dame, est bien illustratif. La scène s’est déroulée à Sokorodji, en Commune VI, dans la nuit du mardi 03 septembre 2013, au moment même où le président de la république s’adressait à la nation. Profitant d’un court moment de délestage, A.S, âgé d’une vingtaine d’année, a voulu se faire de l’argent illégalement.

Cette tentative de vol sera le dernier de sa vie. Et il sera parmi tant d’autres malfaiteurs qui ont perdu leurs vies banalement. Ces derniers moments, à Bamako, dès qu’on entend les cris d’une victime dire au «voleur », les gens viennent de partout pour lyncher le soi-disant « voleur ». Évidemment ces « voleurs » ne font pas du bien à la société et certains d’entre eux n’hésite même plus à tuer juste pour entrer en possession de l’objet de leurs convoitise. Mais cela ne doit pas nous emmener à assassiner de façon cruel un être humain et ignorer la loi.

Tout voleur doit être aux forces de l’ordre qui se chargeront de le mettre à la disposition de la justice. Ainsi, il est évident que cette pratique des « justiciers de la rue » ne résoudra jamais le problème de vols et des attaques à mains armée dans la capitale. Au contraire, elle risque d’engendrer une situation qui ne dit vraiment pas son nom. Donc sachons raison garder. Et ayons confiance à nos institutions juridiques pour qu’elles puissent faire leurs travails d’une manière encore plus responsable afin que la loi soit plus respectée par nous tous. Et gardons toujours à l’esprit que la vie humaine est sacrée et qu’elle n’est doit pas être ôté par une justice de la rue.

Ousmane Baba Dramé

Le Républicain du 6 Septembre 2013