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Après 7 ans de vie, le lycée sportif Ben Omar Sy de Kabala est en train de devenir un centre qui fait parler de lui. Il allie harmonieusement formation académique et pratique sportive.

Situé à Kabala et contigu au Centre d’entraînement pour sportifs d’élite « Ousmane Traoré », à quelques mètres du fleuve Niger, le lycée sportif Ben Omar Sy va lentement mais sûrement vers l’atteinte de son objectif. Depuis son ouverture en décembre 2001 (précédemment il était logé dans l’enceinte du Prytanée militaire de Kati), l’établissement ne cesse d’être cité en exemple au Mali et même dans la sous-région.

Pas à cause du nom qu’il porte, mais en raison de la performance et des résultats de ses élèves dans les différentes disciplines dispensées. Dans les compétitions nationales et internationales, les combattants, athlètes qui ont représenté l’établissement et le Mali se sont fait remarquer avec brio.

Les exemples ne manquent pas. Au tournoi de la Zone II en Guinée, 3 élèves du lycée ont été sélectionnés dans l’équipe de basket-ball du Mali. A l’issue du tournoi, un de ces éléments a été élu meilleur joueur du tournoi.

Mieux, en Mauritanie et au Niger, les athlètes de Ben Oumar Sy ont ravi la vedette à leurs camarades de la sous-région. Aux Jeux africains aussi, ils faisaient partie de la délégation des combattants. Au niveau national, les efforts ont été récompensés par la victoire de l’établissement à la Coupe Baïba Kouma en taekwondo.

Le lycée, conformément à sa mission, assure l’adéquation entre sport et étude. « Les élèves sont préparés physiquement, techniquement et tactiquement pour avoir un bon soubassement qui, va permettre de donner des grands sportifs aux équipes du Mali », explique le directeur du lycée, Yacouba Sidibé.

Six disciplines y sont dispensées. Il s’agit du football (garçons et filles), du basket-ball (filles et garçons), l’athlétisme, le judo, le karaté, le taekwondo. M. Sidibé déplore tout de même la disparition de deux disciplines qui existaient au départ. Il s’agit du tennis et de la natation. « Nous n’avons pas d’infrastructures dans le lycée pour ces deux disciplines », regrette-t-il.

Malgré le manque de piscine, les responsables essayent tant bien que mal à s’entraîner dans les piscines des hôtels. « C’est difficile de travailler dans ces endroits. Nous avons besoin d’un travail technique », ajoute le directeur des études et de la formation, Sountoura Sissoko.


Des résultats plus que probants

Nonobstant ces difficultés, la formation commence à donner des fruits. « C’est le résultat d’un travail de fourmi qu’on est en train de faire depuis des années », précise le directeur, pour qui les critères de sélection sont clairs et sans ambiguïtés.

« On adhère au lycée par voie de concours. C’est des athlètes détectés pour leur talent qui sont soumis aux concours seulement après une visite médicale, une épreuve pratique et académique qui départage les admis jugés très bons en cas d’égalité », rappelle-t-il. Selon M. Sidibé « ne rentre pas au lycée sportif Ben Omar Sy qui le veut. Nous exigeons des préalables ».

Là-bas, l’obligation de résultat est une exigence. Les 216 élèves du fondamental et du secondaire bénéficient d’un timing bien établi : 6 à 8 h de pratiques sportives au fondamental contre 8 à 10 h au secondaire avec une formation pointue « sans complaisance ni tricherie ». Plus qu’un lycée, Ben Omar Sy est une « université ».

« Nous demandons aux autorités de réaliser d’autres infrastructures afin que d’autres disciplines viennent s’ajouter à celles existantes ». Un autre problème révélé par les responsables du lycée est la nécessaire organisation du sport secondaire, c’est-à-dire la catégorisation. « Il faut que le sport soit organisé dans les différents établissements.

La catégorisation n’est pas respectée. Nous voyons souvent des athlètes de 13 ans compétir avec leurs aînés de 20 ans sur une même discipline et sur une même distance. Ce phénomène nous le déplorons », dit le directeur. Et d’ajouter qu’il handicape sérieusement les centres où écoles de formation qui alignent des athlètes très jeunes.

Amadou Sidibé

Qui était Ben Omar Sy ?


Ben Oumar Sy est né le 8 janvier 1926 à Bamako. Considéré comme l’un des joueurs les plus talentueux de sa génération, Ben Oumar Sy fut sociétaire de la Jeanne d’Arc (JA) avec laquelle il remporta la Coupe de l’AOF (Afrique occidentale française) en 1953.

Grand artisan de la fusion de la JA avec l’Espérance qui donna naissance au Stade malien, il brandira en 1960 le premier trophée de la Coupe du Mali, remportée par les Blancs face au Djoliba (2-1 après deux éditions).

Quelques années plus tard, Ben Oumar Sy deviendra le 1er entraîneur du Mali indépendant et conduira l’équipe nationale aux 1ers Jeux africains de Brazzaville (1963).

Décoré chevalier de l’Ordre national du Mali en 1991 pour services rendus au football malien, l’ancien sociétaire de la JA et du Stade malien devait quitter définitivement le monde du sport le 25 août 2001, la veille même de la finale de la 41e édition de la Coupe du Mali entre les Blancs et le Mamahira de Kati (5-0 pour l’équipe de Sotuba). En décidant de donner le nom de Ben Oumar Sy à ce Lycée, les autorités ont immortalisé une figure emblématique de notre football.

A. S.

11 Juillet 2008