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Quand, le 10 décembre 2005, ATT recevait des responsables politiques de l’ADP venus lui remettre les documents de la plate-forme, dûment signés par chacun d’eux, à l’ex-Base aérienne, personne ne savait que ce regroupement, guidé par une volonté commune de soutenir sa candidature à l’élection présidentielle de 2007, allait connaître les remous qui le minent aujourd’hui, à cause de la nouvelle configuration de l’Assemblée nationale.

A l’allure où vont les choses, n’est-il pas temps de juger de la bonne foi de certains partenaires du Président de la République?. Car rien ne justifie la bataille rangée qui sévit en ce moment au sein de l’ADP.

Après avoir, dans une synergie d’actions, contribué à la réélection de “l’homme du 26 mars”, et réussi à atteindre l’objectif principal qu’ils s’étaient assignés- à savoir, garantir à ATT une majorité confortable à l’Assemblée nationale- les partis membres de l’alliance devraient, tout au moins, donner la preuve de leur maturité politique, en accordant leurs violons autour du bureau de l’Hémicycle.

Hélàs, les intérêts personnels, ou luttes de positionnement ont malheureusement pris le pas sur l’objectivité politique. Parce que deux partis du regroupement s’estiment aujourd’hui en droit d’en imposer aux autres, pour une supposée majorité numérique à l’Assemblée nationale.

D’où l’ire de certains responsables du même regroupement, en l’occurrence, Me Mountaga Tall et Me Kassoum Tapo. A noter que ce dernier a fait savoir sa volonté de briguer le perchoir bien avant l’idylle forcée entre l’Adema et l’URD. Comme en 2002, dans une approche consensuelle, Me Tapo pourrait volontiers retirer sa candidature, cette année encore, si les choses étaient décidées dans le cadre de l’alliance.

Or, il se trouve que l’Adema et l’URD ont violé ce principe, du moment qu’ils ont convenu d’une proposition de bureau sans consulter, au préalable, les autres partis membres de l’ADP. Comme Me Tall, Tapo jure désormais d’aller jusqu’au bout, d’autant plus qu’il avait clairement dit que sa candidature s’inscrivait dans le cadre de l’alliance.

Aujourd’hui, l’Adema et l’URD, ayant su qu’elles auront du mal à faire capituler les autres, tentent de passer par des”combinaziones” pour imposer leur diktats, au risque de mettre à mal la cohésion de l’ADP.

C’est dans le cadre de ce deal qu’ils sont parvenus à la signature d’un accord, avec le MPR du Dr Choguel Kokalla MAÏGA (8 députés), et l’UDD de Me Hassane Barry, histoire de fortifier leur position à l’Hémicycle.Mais là où le bat blesse, c’est la manière pour laquelle les signataires de cet accord essayent de justifier leur acte.

En effet, Dioncounda Traoré, Younouissi Touré, Choguel Maïga et Hassane Barry, dans une déclaration à caution, réaffirment leur volonté d’accompagner le Chef de l’Etat, classant du coup les autres partis membres de l’ADP dans le régistre d’opposants au Président de la République.

Oui ou non tous les partis membres de l’ADP sont prêts à soutenir le Amadou Toumani Touré ? Qui est donc qui, entre les deux partis? Doit-on condamner ceux qui, pour rester dans la logique du regroupement, ont tout fait pour s’assumer sans compromissions ?

Dans tous les cas, l’argumentaire s’articulant autour de la majorité numérique ne saurait suffire pour fouler au pied les principes de l’Alliance. Si la compétition électorale les a poussés à nouer des alliances contre- nature,lors des législatives, une cabale entre eux-mêmes, dans la composition du bureau de l’Assemblée nationale, ne saurait être justifiée.

Certes, les réalités locales ne pouvaient être ignorées (d’où les alliances contre- nature) mais toujours est-il que tout cela s’inscrivait dans la logique de l’atteinte des objectifs de l’ADP : donner une majorité confortable à ATT.

Inutile donc de dire que cet objectif atteint, tout tiraillement entre les progressistes aurait des effets néfastes sur celui qu’ ils ont jusque-là soutenu. Surtout si l’Adema et l’URD sont du même bord dans cette guerre feutrée.

On le sait, ces deux formations sont dans la logique- chacune en ce qui la concerne- de la reconquête du pouvoir en 2012. Une marche forcée entre les deux mettrait inévitablement ATT en difficulté.

Parce que même le plus petit geste de ce dernier à l’endroit de l’un ou l’autre parti pourrait être interprété autrement par celui qui se sentira lésé. Dans ce cas, un retournement de vestes n’est-il pas envisageable un jour ?

Au Président de la République, et à ceux qui le soutiennent réellement, de trouverlaréponse.

Déjà, certains pensent que la création de la Force Citoyenne Démocratique (FCD) relève de cela, même si le locataire de Koulouba n’a pas encore donné son quitus à Djibril Tangara et compagnons.

Adama S. DIALLO

29 août 2007.