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En 2003, deux statuettes sacrées du village de Néni, volées au pied de la falaise de Bandiagara, se sont retrouvées en France. En 2007, la presse internationale a fait état d’un important lot de pièces préhistoriques du Sahara saisi à Roissy, en provenance du Mali. Contrairement à ces deux cas suffisamment médiatisés, ce sont des centaines, voire des milliers d’objets classés au compte des biens culturels qui quittent notre pays par des voix illicites. Malgré les efforts fournis par les professionnels de musées, le phénomène prend des proportions inquiétantes.

Pour endiguer ce fléau des temps modernes et donner l’opportunité au pays de préserver son héritage culturel, le ministère de la Culture, à travers le musée national du Mali, a initié le 20 octobre 2008, une formation à l’intention des agents de la police, de la gendarmerie et des douanes, afin qu’ils jouent pleinement leur rôle dans la lutte contre le pillage et l’exportation illicite des biens culturels. Pour Mme Bah, conseillère technique du ministre de la culture, cette formation est une première étape de la stratégie de mobilisation contre ce phénomène.

Selon elle, cette formation a été conçue comme la première d’une série destinée aux forces de sécurité et des douanes qui exercent aux frontières. « Elle vise à sensibiliser les policiers, les gendarmes et les douaniers au problème du trafic des biens culturels afin de les impliquer davantage dans la lutte contre ce fléau », a-t-elle déclaré. Avant de dire aux policiers, gendarmes et douaniers que le département de la culture compte sur leur collaboration et leur engagement pour réussir sa mission de lutte contre le trafic illicite.

Pendant deux jours, une trentaine de policiers, de gendarmes et de douaniers, seront édifiés sur la législation nationale sur la protection du patrimoine et les conventions internationales. Samuel Sidibé, directeur du musée va les entretenir sur le thème : « le pillage et l’exportation illicite du patrimoine culturel, un phénomène à combattre ».

Edifiés sur l’établissement des autorisations de recherches, les agents de sécurité et les douaniers vont visiter des expositions et des experts vont les aider à faire la différence entre les objets authentiques, les copies vieillies et les objets neufs.


Assane Koné

21 Octobre 2008