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Le vendredi 6 février 2009, le Centre International de Conférence de Bamako (CICB) éa abrité la Journée internationale de lutte contre l’excision qui avait pour thème : “Tolérance zéro aux Mutilations Génitales Féminines (MGF). Les jeunes s’engagent”.

Auusi, la Directrice Nationale du Programme National de Lutte Contre l’Excision, (PNLCE), Mme Keïta Joséphine Traoré, a salué les progrès réalisés dans cette lutte grâce au Gouvernement malien. Elle a évoqué l’organisation de plaidoyers pour l’introduction du module Excision dans le programme scolaire et la prise en compte de l’excision pour le développement commun de la population. Et d’ajouter : “Plus de 59 000 personnes ont été sensibilisés à travers tout le pays; et 1000 diffusions du film “Niani ” ont été réalisées (notamment à la télévision nationale), en plus des spots publicitaires et autres supports.

Nous élaborons un programme 2007-2012 de formation de plus de 1 000 acteurs de l’excision, 458 religieux et 2 875 relais communautaires. Nous souhaitons une implication sans faille des médias dans cette lutte. Il a été recensé 239 cas d’excision au cours de l’année 2008, dans les Communes IV et VI, au Point G et à l’hôpital Gabriel Touré. Pour cette année 2009, l’enquête sur le terrain a démarré en ce mois de février “, a informé Mme Keïta qui a néanmoins énuméré quelques difficultés rencontrées : entre autres : la pression socio-culturelle et le manque de professionnalisme de certains intervenants sur le terrain.

Le représentant du Président du Conseil National de la Jeunesse (CNJ), M. Amadou Ogotimbé, quant à lui, a précisé : “Le thème de cette année est une interpellation à la jeunesse pour se joindre à cette lutte. L’excision demeure une préoccupation nationale et internationale. Avec la pertes de vies et la stérilité, on voit à quel point cela est un problème de santé publique. Il faut un engagement permanent de tous ; il faut mobiliser les gens à travers des campagnes d’information, pour l’abandon de cette pratique”. Et de conclure : “La formation de 250 pairs éducateurs par an montre à quel point la jeunesse est engagée pour cette lutte”.

Dans toute la salle, des slogans étaient brandis où l’on pouvait lire : “L’excision nuit à la santé de la jeune fille ! ” ; “Jeunes, abandonner l’excision ne signifie par abandonner sa culture ! ” ; “La pratique de l’excision recule ! Avançons ! ”. La journée a été émaillée par des prestations d’artistes : entre autres, Fantani Touré, Abdoulaye Diabaté et Asta Kida.

Un membre du Réseau des Communicateurs Traditionnels de l’Afrique de l’Ouest (RECOTRADE) a déclamé un poème sur l’excision. Les femmes du RECOTRADE ont interprété un chant sur la pratique de l’excision. Et les jeunes du Projet-Jeune ont fait un sketch sur l’excision, où une cour de justice était représentée, où il était question de juger une vieille exciseuse qui, depuis plus de vingt ans, pratique l’excision, faisant ainsi perdre la vie à plus d’une quinzaine d’excisées.

Aussi, le ministre de la Jeunesse et des Sport, M. Hamane Niang, a incité les jeunes à redoubler d’ardeur dans cette lutte, puisque les jeunes représentent plus de 60% de la population. A son homologue s’est jointe la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Maïga Sina Damba, pour saluer l’action des jeunes dans cette lutte combien difficile. Aussi a-t-elle fait également appel au concours des hommes et des femmes qui sont les acteurs incontournables de cette cause.


Hawa SEMEGA

10 Février 2009