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Sujet tabou, il y a de cela quelques années, l’excision est aujourd’hui au centre de toutes les discussions. Les partisans et les non partisans ne ratent aucune occasion pour des débats passionnés. Mais, au-delà de toutes les passions, des structures nationales et internationales, avec des arguments pertinents, ont décidé d’engager le combat pour le recul de la pratique. Les non partisans de la pratique de l’excision viennent d’avoir un partenaire de taille. Publiquement et officiellement, le Réseau des communicateurs traditionnels de l’Afrique de l’Ouest vient de réaffirmer son engagement dans la lutte contre la pratique de l’excision.

Le Réseau des Communicateurs Traditionnels d’Afrique de l’Ouest (Recotrade), en partenariat avec l’Organisation Internationale de la Francophonie, a procédé au lancement officiel de son projet intitulé « Les communicateurs traditionnels mobilisent contre l’excision ». C’était la semaine dernière au centre Awa Keita. Ben Cherif Haïdara Diabaté, Président du Recotrade Mali, a annoncé que le lancement du projet, doublé de la formation de 50 communicateurs traditionnels en techniques de communication verbale, radio et d’argumentaires contre l’excision, marquent leur engagement dans la lutte contre l’excision.

Pour sa part, Mme Maïga Khady Touré, coordinatrice régionale du projet, a indiqué que les pratiques traditionnelles néfastes pour les femmes et les fillettes demeurent un sujet sensible en dépit des efforts déployés à tous les niveaux, local, national et international. Selon elle de nombreuses résistances sont encore à l’œuvre dans les communautés concernées où l’excision continue d’être pratiquée au nom des traditions culturelles et religieuses. Elle dira que les pratiques néfastes ont lieu à tout âge et généralement sur des fillettes et de plus en plus sur des bébés, sous prétexte de leur insensibilité à la douleur. Elle a aussi indiqué qu’elles touchent des adultes, sous la pression sociale.

« Étant donné que le plaidoyer et la sensibilisation restent les principales stratégies pour faire changer les comportements, les communicateurs traditionnels occupent une place de choix dans la lutte contre l’excision. Ce sont des informateurs clés connus, écoutés et respectés dans nos sociétés africaines », a-t-elle indiqué.


Assane Koné

04 Septembre 2008