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En prélude aux festivités de la Journée internationale de lutte contre l’excision, le 6 février prochain, le Programme National de Lutte contre l’excision (PNLE) a organisé, hier au ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, un point de presse qui a naturellement porté sur les résultats du programme et les activités de la journée.

La décision de célébrer la journée internationale de « tolérance zéro » contre les mutilations génitales féminines (MGF) a été prise en février 2003 à Addis-Abeba par le Comité interafricain de lutte contre les pratiques de l’excision, en présence de trois premières dames d’Afrique.

Pour la troisième année consécutive, le Programme National de lutte contre l’Excision célèbre cette journée à travers des points de presse, des conférences-débats, des émissions radiotélévisées, etc. Ces activités se tiennent généralement autour d’un thème central.

L’année dernière, c’était « la place et le rôle des communicateurs traditionnels et modernes dans la lutte contre l’excision« . Cette troisième édition de la célébration de la journée de lutte contre l’excision a mis l’accent sur la participation des agents socio-sanitaires en leur consacrant le thème central : « Place et rôle des agents socio-sanitaires dans la lutte contre les pratiques de l’excision« .

Selon la directrice du PNLE, Mme Kéïta Josephine Traoré, ce thème a été choisi parce que l’excision est l’une des 16 pratiques néfastes à la santé de l’enfant et de la famille. L’excision est celle qui pose le plus de problème car elle concerne l’ensemble du territoire national.

Les statistiques montrent que 91 % des filles sont excisés et que ces excisions sont faites par les agents socio-sanitaires. Là aussi, l’Enquête démographique de santé EDS III fait ressortir que 2 % des agents socio-sanitaires pratiquent toujours l’excision dans les centres de santé contre 4 %, il y a quelques années.

Aussi, 13 % de la population choisissent toujours les agents pour faire l’excision de leurs enfants. Tout cela malgré les interdictions faites par les autorités maliennes. Ce sont entre autres les raisons du choix du thème central.

Revenant sur les conséquences de l’excision, Mme Kéïta Josephine Traoré a indiqué qu’elles peuvent être immédiates, à long où à moyen terme, ou aller jusqu’à la perte de la vie. Il y a aussi des conséquences psychosociales qui peuvent aboutir souvent au divorce. « Ce qui fait que l’excision constitue un grand problème de santé publique au Mali« , a souligné la Directrice du PNLE.

S’agissant des résultats enregistrés par la PNLE, Mme Kéïta a estimé qu’ils sont positifs et encourageants. A son avis, si l’on tient compte de l’évolution des mentalités, on se rend compte que beaucoup a été fait car il y a quelques années, on ne pouvait pas parler de l’excision des filles sans faire des mécontents.

Ces problèmes, disait-elle, n’existent plus aujourd’hui. C’est le Centre international de conférence de Bamako qui abritera le 6 février prochain les activités de la journée internationale de lutte contre les pratiques de l’excision, à travers entre autres des conférence-débats, des sketches, et des animations musicales.

Idrissa Maïga

30 janvier 2007.