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En cette période où les populations et les autorités sont préoccupées par la recherche de solutions aux maux de la nation à savoir: la cherté de la vie, l’insécurité au Nord, le problème de l’école, certaines organisations non gouvernementales continuent à mettre le bâton dans les roues.

En effet, si la lutte contre la pratique de l’excision est reconnue comme une violation de l’intégrité physique de la femme et combattue de nos jours par tous les défenseurs des droits humains, il est admis au Mali que la question de l’excision fait partie des débats qui agitent aujourd’hui notre société.

Une source de conflits

A propos de la lutte contre la pratique, il y a toujours des interrogations. La lutte contre une telle pratique est source de nombreuses divergences entre autorités politiques et réligieuses, suscitant souvent des soulèvements, voire des repliques des uns envers les autres.

N’est-ce pas récemment la lutte contre l’excision qui opposa Zoumana Sacko aux leaders du Haut conseil Islamique au Mali? Selon des sources proches, celui-ci fut raillé de la liste nationale des prêcheurs et des représentations sur toute l’étendue du territoire.

Selon ces mêmes sources, ce dernier a plutôt dénoncé certaines pratiques religieuses. Malgré toutes ces répliques, M. Sacko continue d’être un repère privilégié de certaines ONG en lieu et place des représentants religieux à travers les plate-formes d’action et de plaidoyer contre l’excision au Mali.

En tout cas, l’heure est venue pour ces ONG de changer temporairement de cible dans le cadre de lutte contre la violation des droits humains, surtout en cette période de tensions sociales car, les leaders religieux semblent déterminés à agir contre toute action qui viole les habitudes religieuses.

Il y a aujourd’hui la volonté politique du gouvernement en faveur de l’abandon de la pratique de l’excision au Mali.

L’ordonnance n°02-053/PR-M du 4 juin 2002 a été adoptée pour suivre et coordonner la lutte contre la pratique de l’excision. Pourquoi ne pas impliquer les leaders religieux à l’abandon de l’excision au lieu de laisser cela entre les mains des ONG et de certains prêcheurs dépeignant mal l’image de la religion musulmane?

Tel n’est pas l’idée maîtresse de Chérif Ousmane Madane Haïdara. En tout cas, les questions d’abolition de la peine de mort et d’excision constituent le combat décisif de certains leaders religieux.

Tel était le cas de la représentation musulmane de “Befo” hier au CICB à travers une plate-forme d’action et de plaidoyer, organisée par l’ONG DIAKONIA dans la salle Wa Kamissoko.


Ousmane BERTHE (Stagiaire)

23 Mai 2008