Partager

Malgré l’égalité entre tous les citoyens prônée par la Constitution, force est de reconnaître que le phénomène de l’esclavage reste encore une réalité dans plusieurs zones du Mali. Pour prendre la résolution du fléau à bras le corps, les victimes ne veulent plus se morfondre. Depuis quelques mois, à travers TEMEDT, l’association pour la consolidation de la paix, le développement, la promotion et la protection des Droits Humains, ils ne ratent aucune occasion pour aller à l’école des droits humains.

Dans l’objectif de permettre à ses représentants au niveau cercle et commune de maîtriser la problématique des droits humains et comprendre les mécanismes et stratégies efficaces pour les défendre selon la loi, TEMEDT, avec l’appui de l’ambassade du Canada, vient de démarrer une série de formations dans les cercles de Tombouctou, Bourem, Gao, Ansongo, Ménaka et Kidal.

Mohamed Ag Akeratane, Président de TEMEDT a affirmé que les membres de son association sont pour la plupart des analphabètes, mais très intéressés à connaître les lois, le fonctionnement de l’administration qui les effraye et dont ils ont peur.

Selon lui, ils veulent aussi savoir le mécanisme de prise de décision et de gestion de la cité. Mieux, il dira qu’il y a un mythe qui entoure les lois et les services chargés de leur application. Il a estimé que ce mythe est utilisé pour faire peur, soumettre et exploiter ceux d’entre les militants de TEMEDT qui sont loin des centres de décisions et qui n’ont jamais exercé le pouvoir.

Pour permettre à l’association d’atteindre ses objectifs, il est nécessaire que les membres soient formés dans le domaine de la protection et de promotion des droits humains afin d’inscrire toutes les actions dans un cadre légal et participer aux actions de développement dans leur milieu”, a-t-il déclaré.

Le Président de TEMEDT est convaincu que la connaissance des instruments juridiques disponibles et ratifiés par le Mali et ceux adoptés au niveau national, par les membres de son association, va permettre leur meilleur utilisation et ouvrir des possibilités pour leur application sur le terrain. C’est convaincu de cela que TEMEDT depuis le 27 février 2008 a initié une série de formations qui a démarré par le cercle de Tombouctou et prendra fin, le 20 mars 2008, par le cercle de Bourem.

A l’issue de cette série de formations, TEMEDT compte former 150 cadres de ses coordinations de cercles sur les droits humains, tout en leur donnant la possibilité de comprendre les conventions ratifiées par notre pays dans ce domaine. Parmi le 150 cadres ainsi formés, TEMEDT compte tout mettre en oeuvre pour faire acquérir des compétences de formateurs en droits humains à 28 d’entre eux. La série de formations doit aussi aboutir à la mise en place d’un cadre de concertation et de suivi entre les membres formés afin qu’ils puissent se concerter et conseiller mutuellement pour les prises de décisions dans les cas de violation des droits constatés.

Cette série de formations fait suite à une première formation organisée à Gao du 4 au 7 janvier 2008, avec l’appui financier de l’ambassade des Etats-Unis au Mali. Elle avait permis à l’association d’initier 60 responsables sur les droits humains.

L’association qui compte aujourd’hui 14 000 membres sur toute l’étendue du territoire national a 7 coordinations régionales. Elle a été créée en 2006 dans la mise en oeuvre des recommandations du forum d’Essakane, tenu du 10 au 12 août 2006 à Ménaka. Selon son Président, TEMEDT a été mis en place pour concilier les aspects de promotion et de protection des droits humains et la lutte pour l’éradication de l’esclavage.

Il a été créée sur la base de constats issus de différentes frustrations de toute une communauté composée d’hommes et de femmes, tous victimes du statut d’infériorité discriminante qui leur est collé. Selon Mohamed Ag Akeratane, ce statut découle du fait qu’un nombre important des membres est descendant d’esclaves ou de tribus vassales.

Les conditions inégalitaires, marginalisantes et persistantes ainsi que la recherche de paix dans les zones nord du pays sont à la base de la création de notre association”, a-t-il indiqué.

Assane Koné

11 Mars 2008.