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L’ONG ORFED, en partenariat avec le bureau régional de Dakar de Open Society Initiative for West Africa (OSIWA), a organisé, jeudi au ministère de la Sécurité et de la Protection civile, une conférence de haut niveau sur les politiques de drogues en Afrique de l’Ouest. 

La rencontre était présidée par le secrétaire général du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, Oumar Sogoba, en présence de la présidente de l’ONG ORFED, Sangaré Jeanne d’Arc Ballo et le principal conférencier, Pr Bissane N’gom, agrégé en droit privé et enseignant chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint Louis au Sénégal. 

L’objectif était de stimuler l’engagement des plus hautes autorités du pays et des acteurs clés de la politique de drogue pour la révision de la loi n -01-78 du 18 juillet 2001 portant contrôle des drogues et des précurseurs au Mali. Le conférencier a expliqué que la rencontre s’attachera à faire le bilan des politiques de drogues et à ouvrir des perspectives en rapport avec l’évolution mondiale de la lutte contre les drogues. 

«Nous nous intéresserons particulièrement aux réponses à la consommation de drogues par la population. Le constat est que ces réponses que nous avons dans nos différentes législations sont répressives, fondamentalement liées à l’emprisonnement. Or, il a été établi au niveau international que la répression n’est pas la meilleure solution», a expliqué Bissane N’gom. 

Pour sa part, la présidente de l’ONG ORFED a singalé que cette conférence de haut niveau a été initiée dans le cadre de la mise en œuvre du Projet : «plaidoyer pour une action parlementaire en faveur d’une meilleure politique des drogues au Mali», avec le soutien financier du régional de OSIWA. Elle a révélé que le Mali à l’instar d’autres pays d’Afrique de l’Ouest n’est plus seulement un pays de transit de la drogue. Il est aussi malheureusement un pays de consommation de la drogue, a indiqué Sangaré Jeanne d’Arc Ballo.

Elle a également expliqué qu’aux dires des experts, le Mali est traversé par l’autoroute qui a permis, selon l’ONUDC, d’acheminer en 2013 plus de 18 tonnes de cocaïne pure vers les pays de grande consommation en Europe. En termes clairs, la responsable d’ONG a indiqué que notre pays est fortement concerné par le fléau de la drogue. 

«Nous espérons que les échanges d’idées au cours de cette conférence de haut niveau permettront aux autorités maliennes de s’engager après, et vraiment sans tarder, la relecture de la loi 01-078 du 18 juillet 2001 comme le font d’autres pays d’Afrique de l’Ouest», a-t-elle souligné.

Quant au secrétaire général, il a rassurél’ONG ORFED du soutien de département au combat qu’elle mène contre les drogues, avant d’inviter la société civile à s’impliquer davantage dans les différentes réformes structurelles en perspective.

Oumar Sogoba a remercié le conférencier dont l’expertise, selon lui, sera d’une très grande utilité pour avancer résolument sur le chemin des pays ouest-africains qui gardent une longueur d’avance sur nous en la matière.

Les résultats espérés au terme de cette conférence sont de convaincre que les politiques uniquement répressives en matière de drogue ont échoué dans le monde et particulièrement en Afrique; d’interpeller par les évolutions positives ces politiques de lutte contre les drogues dans le monde et de proposer une loi type sur les drogues pour l’Afrique de l’Ouest(proposée par la Commission ouest-africaine des drogues -WACD).

Siné S. TRAORÉ

Source: L’Essor