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Depuis son intervention militaire au Mali, la France a procédé à une stratégie à géométrie variable. Elle décide désormais d’abandonner son système traditionnel d’implantation de bases dans un pays donné pour rendre ses forces plus mobiles tout le long de la bande Sahélo-saharienne.

La France, face à la menace terroriste dans le Sahel, a décidé de mettre en place un dispositif militaire composé de 3000 hommes prêts à intervenir au cas où. Selon le ministre français de la défense, Jean Yves Le Drian qui se trouve en ce moment même aux Etats Unis, ce changement de stratégie a été rendu nécessaire par l’intervention militaire au Mali dans le cadre de l’opération Serval. Une intervention qui a démontré que la lutte contre les groupes terroristes nécessite une nouvelle stratégie. Il ne s’agit plus de déployer des troupes en grand nombre. Mais des forces spéciales capables d’intervenir à tout moment contre les djihadistes qui mènent ce que les spécialistes appellent la guerre asymétrique.

C’est d’ailleurs pour cette raison que Paris souhaite signer avec Bamako un accord de défense avec de larges pouvoirs lui permettant de mener à bien sa mission. La France souhaite établir au camp de Hamachache à Tessalit un point stratégique doté d’un aérodrome qui permettrait à ses appareils de survoler avec aisance cette bande poreuse qui ne peut être surveillé que par les airs. L’opération Serval a pris un peu de retard au Mali l’année dernière parce qu’il a fallu faire recours à des bases assez éloignées comme Ndjamena (Tchad) où est implanté le dispositif Epervier. Mieux pour que les Rafales atteignent le Mali, il a fallu survoler des territoires dont les dirigeants étaient opposés à cette intervention. Cette présence militaire aura pour centre de gravité trois pôles à savoir N’Djamena (Tchad), Ouagadougou (Burkina Faso) et Gao au Mali. D’ailleurs la communauté Internationale voit d’un bon œil la présence de ce cordon sécuritaire.

Un accord de défense nécessaire avec le Mali

Cet accord de défense est nécessaire dans la mesure où la menace terroriste est toujours là. La preuve cela fait environ 2 jours que les forces Serval appuyés par des contingents de la Minusma affrontent des combattants islamistes qui ont enregistré la mort de 11 personnes. Ces opérations se déroulent dans le nord ouest de Tombouctou et dans la région de Kidal. Mieux, le vendredi soir deux obus de mortier ont été tirés à Kidal près du camp militaire où sont stationnées les forces maliennes et à la périphérie de la ville. Une manière pour les terroristes de dire à la communauté internationale quelles sont toujours là. Un départ prématuré des français signera le retour des djihadistes. Parfois nationalisme et prudence riment.

Badou S.KOBA

Le Prétoire du 27 Janvier 2014