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Si le Mali et la Mauritanie étaient, depuis quelques années, divisés sur l’approche à adopter pour vaincre le terrorisme dans le sahel occidental, la visite récente du président Ibrahim Boubacar Keita chez le voisin mauritanien semble donner une nouvelle impulsion aux relations entre nos deux pays dans leur volonté commune de lutter contre les narcos dans cette zone désertique.

Officiellement, cette visite de 72 heures que le chef de l’Etat a effectuée du 10 au 12 janvier dernier, à l’invitation de son homologue de la République islamique de Mauritanie, visait à consolider les relations d’amitié et fraternelles de coopération existant entre les deux pays. Ce, à travers un dialogue permanent. L’occasion était ainsi toute trouvée pour nos Etats de redynamiser leurs relations qui concernent presque tous les domaines. Surtout que, depuis un bon moment, celles-ci avaient pris un coup froid au sujet de la marche à suivre dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel occidental dont ils relèvent tous. Légitimement donc, la question sécuritaire a pris une large part dans les entretiens qui ont porté sur les relations bilatérales ainsi que sur les questions sous-régionales, africaines et internationales.

A la lecture du communiqué conjoint qui a sanctionné cette visite d’Etat de son Excellence Ibrahim Boubacar Keita, l’on peut à présent comprendre que ces entretiens, d’abord entre le n°1 malien et son homologue mauritanien, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, et élargis ensuite aux délégations, ont été marqués par une parfaite identité de vues sur les sujets abordés, notamment la sécurité qui, faut-il le rappeler, est particulièrement cruciale pour nos deux pays. En effet, dans ce document écrit en une dizaine de pages, les deux Etats, sur le plan bilatéral, se sont d’abord réjouis de la restauration de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Mali et de la défaite des groupes terroristes qui évoluaient dans le nord de notre pays. De manière beaucoup plus concrète, Maliens et Mauritaniens conviennent de renforcer la coopération entre les forces armées et de sécurité des deux pays à travers des rencontres périodiques portant sur les renforcements de l’assistance technique, le soutien logistique, la formation du personnel, la mutualisation des moyens et des capacités, le partage d’expériences dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, l’organisation des patrouilles communes.

Pour mieux mettre en œuvre ces engagements, l’Accord de coopération militaire et technique, expirée en 2013, devra être relu en février prochain, à Bamako, tout comme le projet de convention en matière de sécurité. Ce qui paraît plus salutaire aux yeux de plusieurs Maliens, c’est l’engagement pris de part et d’autre de ne tolérer, sur leurs territoires respectifs, la présence d’aucun groupe armé ou terroriste potentiellement déstabilisateur pour l’un ou l’autre pays. De quoi redonner l’espoir à tout un peuple qui voyait jusque là d’un très mauvais œil le fait que la République sœur de la Mauritanie serve de base arrière aux groupes terroristes, notamment le Mnla, qui avaient réussi, il y a un an, à mettre le Mali à genoux.
Conscients que la lutte contre l’hydre terroriste ne peut prospérer qu’avec l’implication de tous les pays dits du champ, Bamako et Nouakchott ont appelé à une coopération plus accrue entre tous les Etats de la bande sahélo- saharienne pour coordonner les opérations de lutte contre les groupes armés terroristes, les narcotrafiquants et les trafics illicites de tous genres.

Il importe de rappeler que les échanges entre les deux délégations ont concerné plusieurs autres secteurs, notamment l’Energie, le Commerce, l’Elevage, le Transport, l’Hydraulique et l’Assainissement. Dans ces différents domaines, nos Etats ont réaffirmé leur ferme détermination à appliquer les recommandations issues de la 12ème session de la Grande Commission Mixte de Coopération tenue à Nouakchott les 27 et 28 juillet 2011. Le président de la République du Mali était, au cours de ce séjour, accompagné d’une très forte délégation composée de huit de ses ministres, de chefs militaires, de hauts fonctionnaires, des opérateurs économiques, entre autres.

Bakary SOGODOGO

Le Prétoire du 16 Janvier 2014