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Une semaine après Nouakchott, le président de la République sera ce vendredi à Alger pour une visite qui sera consacrée à la lutte contre le terrorisme au Sahel et surtout à la rébellion touareg avec qui IBK ne veut plus discuter avant le désarmement des combattants rebelles. Cette visite s’annonce délicate en raison de l’évolution de la position malienne dans la guéguerre entre Alger et Rabat.

Bamako a abrité le 20 mai 2011, une réunion des chefs de la diplomatie de quatre pays de la région sahélo-saharienne (Algérie, Mali, Mauritanie et Niger) qui ont décidé de créer un mécanisme commun pour la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière. Il s’agit du Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cémoc, basé à Tamanrasset).

Et Soumeylou Boubèye Maïga, à l’époque ministre des Affaires étrangères, précisait que « l’objectif est d’arriver, dans un délai de 18 mois à la création d’une force commune d’intervention d’un effectif pouvant passer de 25 000 à 150 000 hommes, mobilisables selon l’importance des opérations conjointes ».

Trois ans après, parmi ces pays, seul le Niger semble jouer franc jeu. « Quant à l’Algérie et à la Mauritanie, deux pays avec lesquels le Mali partage les frontières les plus longues, malgré une communauté de destin supranationale ou régionale, elles n’ont jamais joué la carte de la solidarité. Elles ont toujours adopté une attitude pour le moins suspecte dans la gestion du dossier sécuritaire du Septentrion malien », écrivait notre confrère du 22-Septembre.

IBK peut-il amener l’Algérie à jouer franc jeu ? C’est ce qu’on lui souhaite ardemment à l’issue de la visite qu’il entame ce vendredi à Alger. Sa tâche s’annonce très compliquée, car les autorités algériennes voient d’un très mauvais œil l’influence grandissante de son voisin marocain au Mali.

IBK n’en a cure et a annoncé dans ses vœux à la Nation qu’il se met au-dessus de cette guéguerre fraternelle, car, a-t-il rappelé, « à Bamako, Sa Majesté feu le roi Hassan II et feu le président Ahmed Ben Bella scellèrent la paix qui mit fin à cette guerre fratricide.
Mieux, sur le terrain, ce fut à deux officiers maliens, Léon Sangaré et Sékou Doumbia, que revint l’honneur de brandir les deux drapeaux blancs à partir des lignes belligérantes et de se retrouver en ligne médiane, pour les échanger, signifiant ainsi le cessez-le-feu. Il est souhaitable que cette belle fraternité imprègne de nouveau nos relations avec ces deux pays frères et entre eux ».

A. D.

L’Indicateur du Renouveau du 15 Janvier 2014