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Depuis des années, de nombreuses initiatives sont adoptées. Mais on a l’impression que la crise sécuritaire s’aggrave. Les terroristes réussissent toujours à frapper durement, et quasi simultanément dans différents pays en laissant derrière, le plus souvent, de nombreux morts civils. 

-maliweb.net- En début de semaine, précisément le lundi 15 mars 2021, le Mali et le Niger ont enregistré un bilan lourd après la visite de groupes armés terroristes sur leur territoire.

Le Mali et le Niger visés le même jour 

Au Mali, le poste de sécurité de Tessit, dans la région de Gao, a reçu la visite de « groupes armés terroristes », lundi 15 mars 2021. Une attaque dont le dernier bilanfait état de 33 morts, 14 blessés et 3 véhicules détruits, du côté de l’armée malienne, contre 20 terroristes tués.

Au Niger, au moins 58 personnes ont été tuées, le même lundi 15 mars au cours d’une attaque dans la région de Tillabéry, à l’ouest du pays. Contrairement au cas du Mali, les victimes de cette attaque au Niger sont pour la quasi-totalité des civils, puisqu’il s’agit de villageois qui revenaient du marché hebdomadaire de Banibangou, vers la frontière malienne.

Ces deux attaques quasi simultanées interviennent alors que l’arrivée d’« un bataillon de 1200 militaires tchadiens » au Niger,en mi-février afin de « participer à la lutte contre les GAT » et augmenter pour ainsi dire les effectifs de la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5 Sahel), avait été annoncée par l’opération Barkhane dans son communiqué du 12 mars 2021.Lors du sommet de N’Djamena, le 16 février dernier, le déploiement de ce bataillon avait été annoncé et salué par les chefs d’État du G5 Sahel.

Être en avance sur les terroristes 

Malgré tous les efforts, on assiste à une multiplication et même à une délocalisation de la crise sécuritaire, notamment au Mali où des attaques sont le plus souvent signalées dans le sud du pays, notamment dans la région de Sikasso. En effet, le 1er mars dernier, le poste de sécurité de Hérémakono, à la frontière entre le Mali et le Burkina Faso, a reçu la visite de bandits armés non identifiés.

Toutes ces situations laissent place au doute sur l’efficacité des méthodes jusque-là employées dans la lutte contre l’hydre terroriste. On a l’impression que les groupes armés terroristes ont une longueur d’avance sur les gouvernements des pays du sahel. Sur l’attaque du lundi dernier, la Radio France internationale(RFI) laissait comprendre que « la particularité de cette attaque, selon une source bien informée, c’est la diversité de l’armement utilisé par les assaillants. »

Les méthodes employées par les gouvernements sahéliens ressemblent à une sorte de « politique du suivisme » ou pour parler dans un langage militaire, ils sont plus dans la défensive. Les groupes armés terroristes inventent de nouvelles méthodes. Alors que nos autorités cherchent à contrecarrer celles-ci, les terroristes passent à un niveau supérieur.

Pour gagner ce combat contre le terrorisme, il s’avère important que nos États agissent avec beaucoup plus de stratégies. Il faut arriver au plus vite à amoindrir les attaques récurrentes contre les civils. Pour y réussir, un changement de stratégie s’impose. Il y va de la stabilité et par ricochet du développement de ces États.

Fousseni Togola/maliweb.net