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Il avait à ses côtés le Pasteur Daniel Tangara, représentant l’Eglise Protestante du Mali, El Hadj Mohamed Traoré, membre du Haut conseil islamique et responsable du réseau islamique pour la santé des populations, Attaher Maïga, représentant du HCNLS et Modibo Kané, président du réseau malien des personnes vivant avec le VIH/sida.

« La lutte contre le sida est l’affaire de nous tous. Il faut convenablement informer et sensibiliser les populations » a déclaré Urbain Sangaré.

Attaher Maïga a affirmé que « c’est la première action organisée des leaders religieux du Mali contre le Sida. Cette lutte est un devoir de solidarité« .

Cette lutte conjointe des leaders religieux du Mali est une première dans l’histoire. Depuis l’avènement du sida il y a deux décennies, force est de constater que les religieux sont restés froids vis-à-vis du fléau. La caravane transnationale de l’Alliance des religieux contre le sida vient à point nommé.

Cette implication illustre la tradition des Maliens de rester solidaires avec les malades.

L’arrivée des religieux est un atout pour le ministère de la Santé dans sa stratégie de lutte contre le VIH/sida. Elle apportera un changement de comportement des populations face aux malades du Sida.

Elle expliquera aux populations que le VIH n’est pas une condamnation divine. Ce qui réduira la stigmatisation des victimes de cette maladie.

Par rapport à la stratégie de combat que les religieux entendent privilégier, Urbain Sangaré a déclaré que c’est à travers l’éducation, la culture et la foi religieuse que l’alliance va désormais s’engager contre le sida.

Selon lui, l’Alliance va faire en sorte que toutes les personnes vivant avec le VIH puissent vivre en harmonie avec les autres.

Soulignons, enfin que cette rencontre vient en prélude à l’organisation de la caravane transnationale de l’alliance des religieux contre le VIH/ Sida.

A cet effet, un plan d’action de la caravane 2005 a été présenté aux participants. Il ressort de ce document que la coordination régionale des réseaux de religieux pour la lutte contre le VIH/SIDA et AWARE-HIV/AIDS se proposent d’atténuer l’attitude négative de stigmatisation et de discrimination des victimes du virus à travers l’organisation d’une caravane qui sillonnera la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et la partie nord du Nigeria.

Le but de cette caravane consiste à amener les populations ciblées par ce plaidoyer à changer leur perception des personnes vivant avec le VIH ou atteintes du SIDA.

Rappelons que cette caravane contribuera à créer au sein des Imams, des prêcheurs, des érudits, des hommes d’Eglise et chez les populations, un environnement favorable à une bonne intégration et à un soutien aux personnes infectées et affectées.

La caravane partira le 4 novembre prochain, après la fin du Ramadan, à Nouakchott en Mauritanie avec cap sur Abuja en passant par le Sénégal, le Burkina Faso et le Niger. L’arrivée à Abuja le 4 décembre 2005 coïncidera avec la cérémonie d’ouverture de la CISMA.

Soulignons qu’au niveau national, les missions préparatoires sont à pied œuvre sur le terrain. Il s’agit, entre autres, des régions de Kayes, Sikasso, Ségou et du District de Bamako.
Les comités régionaux sont en train d’œuvrer dans le but de faciliter le passage de la caravane.

Le clou de cette réunion a été l’intervention des participants. Une interrogation a porté sur la question du port des préservatifs comme moyens de lutte contre le SIDA au cours de cette caravane.

A l’unanimité, les musulmans, les protestants, les catholiques, ont tous affirmé qu’ils soutiendront le port des préservatifs dans le cadre des relations entre les couples et non pour favoriser l’adultère et la fornication entre célibataires.

Au terme de la réunion, Attaher Maïga a salué les leaders religieux pour l’appui combien important qu’ils ont toujours apporté dans la résolution des difficultés sociales.

Abdoul Karim Koné

27 octobre 2005.