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«Innover pour réduire la charge du paludisme et sauver des vies». C’est le thème de la 15è édition de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme qui marque aussi le lancement de la Semaine nationale de lutte contre cette maladie.

Le thème invite les pays à entreprendre des stratégies innovantes afin de maximiser l’impact de la lutte contre le paludisme en vue de son élimination à l’horizon 2030, conformément à la Stratégie technique mondiale (STM). Le clou de l’événement a été une cérémonie organisée, hier, sur le terrain Chaba de Lafiabougou sous la présidence de la ministre de la Santé et du Développement social, Mme Diéminatou Sangaré.

La ministre a expliqué qu’au Mali, le paludisme représente le premier motif de consultation dans les établissements de santé avec 34%, selon le Système local d’information sanitaire (SLIS 2021), il a été enregistré plus de 3,2 millions de cas confirmés de paludisme dont un peu plus de 2,1 millions de cas simples. Les autres sont des cas graves avec malheureusement 1.480 décès.

Sur le plan économique, le paludisme affecte la croissance économique annuelle de notre pays d’environ 1,3% du fait de l’absentéisme au travail et à l’école. C’est pourquoi, Mme Diéminatou Sangaré a déclaré que des innovations doivent être explorées pour réduire le fardeau du paludisme afin de sauver davantage de vies.

Ainsi l’initiative High Burden to High Impact (HBHI) a été mise en place pour soutenir les 11 pays, y compris le Mali, où le paludisme sévit le plus au monde, dans leurs efforts à retrouver la voie du contrôle et à terme, l’élimination du paludisme. Pour accélérer la réduction du paludisme en vue de son élimination à l’horizon 2030, le Fonds mondial  vient d’accorder une nouvelle subvention d’environ 49 milliards de Fcfa à la lutte contre le paludisme pour  les trois prochaines années.

La cheffe du département en charge de la Santé a aussi indiqué que l’initiative du président américain pour la lutte contre le paludisme (USAID/PMI) accorde chaque année à notre pays une subvention de 12,5 milliards de Fcfa dans la lutte contre le paludisme. La campagne «Zéro palu, je m’engage» qui a pour but de mobiliser davantage de ressources internes en faveur de la lutte contre le paludisme a également été lancée au mois de novembre 2021 et s’inscrit dans cette dynamique.

Le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Jean Pierre Baptiste, dira que les vaccins contre des maladies courantes et désormais le premier vaccin antipaludique permettent à davantage d’enfants de mener une vie plus longue et plus épanouie.  «Chaque fois que nous laissons le paludisme se propager nous remarquons que la santé et le développement en pâtissent», a-t-il soutenu.

Il a déclaré que des mesures d’urgence doivent être prises pour mettre fin au fléau et se rapprocher des objectifs de réduction de 90% du nombre de cas et de décès dus au paludisme d’ici à 2030. Il s’agit notamment d’investir pour élargir l’accès des interventions de lutte antipaludique aux groupes laissés pour compte tels que les enfants et les femmes enceintes. Dr Jean Pierre Baptiste a dit craindre que la pandémie entraîne des perturbations majeures dans les sévices de base chargés de la prévention de la détection et du traitement du paludisme, avant de saluer les efforts déployés par  notre pays surtout dans la mise en œuvre du Plan stratégie national 2022-2024.

Pour l’ambassadeur des États-Unis au Mali, Dennis B. Hankis, l’éradication du paludisme est une possibilité dans notre pays. Elle ne sera, selon lui, possible que lorsque les Africains s’impliquent davantage. Et de souligner que le Mali est leader en termes de recherche sur le paludisme.


Il est important de souligner que cette année, le gouvernement et le Fonds mondial ont désigné l’ONG Catholic Relief Services (CRS) comme récipiendaire principale pour la subvention du Fonds mondial palu pour une durée de 3 ans. 

La directrice de cette Organisation américaine, Dr Mariam Tall, a fait savoir que sa structure est aux côtés du Mali pour éradiquer le paludisme. C’est pourquoi, l’ONG Catholic Relief Services est en train de tout mettre en œuvre pour mobiliser les meilleures compétences, a-t-il relevé.

Source: L’Essor