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Le paludisme constitue actuellement l’une des grandes priorités en matière de santé publique. Et la B & M Gates impliquée dans le développement de nouveaux produits où l’essai de produits insecticides efficaces pour le contrôle des vecteurs du paludisme et de la gengue soutient un projet sur le contrôle des vecteurs qui encourage la collaboration entre les programmes de lutte contre le paludisme et les centres de recherche de référence du paludisme.

C’est dans ce cadre qu’une rencontre organisée au Cameroun a permis aux différents pays bénéficiaires d’élaborer un plan pour la mise en œuvre du projet. Notre pays a participé à cet important atelier et a élaboré un plan d’action de six mois dont le but est de soutenir les activités de contrôle des vecteurs du paludisme au niveau des dix sites de surveillance sentinelle du paludisme.

Pour une meilleure connaissance de l’entomologie du paludisme

Pour de la mise en œuvre de l’objectif spécifique N°1 du plan visant le renforcement des capacités du Programme National de Lutte contre le Paludisme en particulier la compétence des agents dans le contrôle de la résistance des vecteurs aux insecticides, un atelier de formation des agents des sites de surveillance sentinelle du paludisme est organisé au Stade du 26 mars de Bamako.

Financé par la Fondation Bill et Melinda Gates à travers l’OMS, cet atelier de formation qui va durer 12 jours va permettre d’initier les participants venus des sites sentinels du paludisme du pays et le personnel des Centre de Santé de Référence à l’entomologie et à la lutte contre les vecteurs du paludisme afin d’acquérir les connaissances nécessaires à une meilleure compréhension de l’entomologie du paludisme ainsi que les capacités de collecter et traiter le matériel et les données de base sur le terrain.


La représentante de l’OMS

A la cérémonie d’ouverture de l’atelier, la représentante résidente de l’OMS au Mali, Mme Maïga Fatoumata Sokona a d’abord souhaité la bienvenue aux différents participants venant de divers horizons. Selon elle, la lutte antivectorielle est une composante essentielle de la lutte contre le paludisme, et a pour but de réduire voire d’interrompre (là où c’est possible) la transmission du paludisme, par des mesures sélectives et ciblées.

A en croire Mme Maïga, même dans les zones où la transmission ne peut pas être interrompue, sa forte diminution se traduit par une réduction des fortes charges parasitaires, du nombre de cas cliniques (morbidité) et de la mortalité générale infantile.

Elle a ensuite souligné que le Programme Mondial d’Eradication du Paludisme est essentiellement basé sur la méthode de lutte antivectorielle (LAV) qui a permis une réduction spectaculaire du paludisme dans de nombreux pays notamment aux Indes (avec une réduction de 99% des cas de paludisme) et au Sri Lanka où le paludisme a pu être réduit d’environ 3 millions à quelques cas/an.

Elle a par ailleurs souligné que c’est dans cette optique que la fondation Bill et Melinda Gates a décidé d’investir dans le renforcement des capacités en matière de lutte contre les vecteurs du paludisme dans 7 pays : la Tanzanie, le Kenya, le Mali, le Madagascar, la Mozambique, le Cameroun et le Sénégal pour mettre en place un système efficace qui servira de modèle pour d’autres pays.

Selon elle, au Mali, un point focal a été nommé pour le suivi de ce projet dont les éléments essentiels sont : renforcer les capacités basiques de surveillance des vecteurs au niveau des Programmes Nationaux de Lutte contre le Paludisme ; faciliter la planification et l’application de l’Entomobase à travers un système global interactif ; s’assumer que les pays ont une expertise pour utiliser les nouveaux outils d’où la tenue du présent atelier pour répondre à ce souci afin de combler cette lacune.

Halidou Sidibé

Dans son discours d’ouverture, le représentant du ministre de la Santé M. Halidou Sidibé a rappelé que les maladies transmissibles sont les causes les plus fréquentes de décès et d’invalidité et le paludisme constitue actuellement l’une des grandes priorités en matière de Santé Publique (500 millions de cas, plus d’un million de décès par an avec une perte en moyenne de 12 milliards de dollars de revenu par an).

Au Mali, le paludisme est une maladie endémique qui touche plus de 90% de l’ensemble de la population. Il constitue la première cause de morbidité et de mortalité chez les femmes enceintes et les enfants de 0 à 5 ans. Selon les statistiques de 2006, 1 022 592 cas cliniques ont été enregistrés dans les centres de santé, soit une incidence de 85,3 pour mille (SNIS 2006).

Pour lui, les présentes journées constituent une opportunité pour analyser les faiblesses et définir ensemble les voies et moyens nécessaires de réduire ou de supprimer la transmission efficacement et durablement, des gîtes larvaires des vecteurs, de la densité et la longévité des vecteurs et du contrat homme-vecteur.

Dado CAMARA

18 Septembre 2008