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Hier Lundi, dans la cour de l’Unité nationale de lutte contre le criquet pèlerin (UNLCP), Fakaba Diakité, coordinateur de l’UNLCP, a donné le coup d’envoi du déploiement des équipes de surveillance, de prospection et de traitement des criquets pèlerins, qui sont parties pour Nara dans la région de Koulikoro, Nioro et Yélimané dans la région de Kayes.

Producteurs et éleveurs redoutent considérablement les criquets pèlerins, car lorsqu’un essaim s’abat sur un champ, il le dévore en quelques minutes et notre pays en avait fait l’amère expérience en 2004.

En effet, depuis quelques semaines, des essaims de criquets ont été signalés dans le nord de la Mauritanie.

La Mauritanie reste un couloir de passage naturel des criquets pèlerins dans l’un ou l’autre sens lorsqu’ils se déplacent et compte tenu de ce facteur, il y a lieu d’être sur ses gardes et c’est tout le sens des dispositions prises actuellement, a expliqué le coordinateur.

Ces équipes, dépêchées sur le terrain dans le cadre des dispositions préventives destinées à faire face à l’éventualité d’une invasion acridienne en provenance de Mauritanie, vont renforcer le dispositif déjà déployé sur le terrain pour la surveillance acridienne.

Ces équipes travaillent en étroite relation avec les directions régionales de l’agriculture et les services régionaux de l’Office de protection des végétaux.

Les groupes sont dotés d’une quarantaine de véhicules, d’équipements de prospection, de traitement et de protection des agents.

De même, ils possèdent des moyens de communication ultramodernes, appelés Elocust 2, leur permettant d’envoyer en moins de 5 minutes, via un satellite, toute information utile de terrain à la hiérarchie.

Le dispositif humain et technique déployé permet à notre pays de faire face à une invasion acridienne, a assuré Fakaba Diakité.

Bien que les prévisions de la campagne agricole 2006/2007 assuraient une certaine accalmie sur le front des acridiens dans notre pays, dans le cadre de la stratégie de lutte préventive pour les pays dits de la ligne de front que sont le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, la surveillance des zones de reproduction des insectes est permanente, a expliqué Fakaba Diakité.

C’est ainsi qu’au Mali, les zones de surveillance permanente sont la région de Kidal et une partie de la région de Tombouctou, dans les zones de Gourma Rharous, Inadiatafane, Bambara Maoudé, Goundam, Léré, Soumpi, les environs des lacs Horo, Télé, Faguibine ; Nampala et Diabaly dans la région de Ségou, Nara dans la région de Koulikoro ; Nioro et Yélimané dans la région de Kayes.

En mars et avril derniers, constat a été fait par des équipes, que les conditions étaient défavorables à la reproduction des insectes.

Le criquet se trouvait à l’état solitaire et ne représentait aucune menace sérieuse pour la végétation. Mais, suite aux attaques des camps militaires de Kidal en mai dernier, la surveillance a été interrompue.

Cependant, l’UNLCP n’est pas restée inactive. Elle a organisé des sessions de formation pour accroître les compétences des équipes de terrain en matière de techniques de prospection, de traitement, de sauvegarde environnementale et d’information des agents, afin de pouvoir donner l’alerte sur la présence éventuelle d’essaims de criquets, les communautés locales nomades ont été sensibilisées.

Pour le moment, les insectes signalés en territoire mauritanien sont à la phase de ponte et l’éclosion est prévue dans une dizaine de jours. Mais, il y a de grandes chances, que les jeunes insectes prennent leur envol vers les pays du nord de l’Afrique, où l’hivernage s’installe actuellement. Au Mali, l’hivernage s’achève, la végétation se raréfie et les conditions de survie de l’insecte ne sont pas réunies.

17 octobre 2006.