Partager

L’utilisation optimale de ces fonds destinés aux malades exige de bons rapports entre le secteur public, le secteur privé et de la société civile. Tel est loin d’être le cas au Mali, où la présidente, Mme C.S du CCM (Mécanisme de Coordination Pays du Fond Mondial) concentre tous les pouvoirs entre ses mains dans un contexte ou les bailleurs de fonds dont l’USAID exigent de la transparence et de l’équité.

Les autorités maliennes, les bailleurs de fonds et l’opinion publique nationale et internationale doivent en ces temps de crise financière, en savoir davantage sur ce qui se passe au niveau de l’important dispositif que constitue le CCM.

En temps que composantes de la société civile malienne, le RIOEV (Réseau des Intervenants auprès des Orphelins et autres Enfants Vulnérables) et la FENASCOM (Fédération Nationale des Associations de Santé Communautaires du Mali) s’insurgent contre ce qu’ils considèrent comme un abus de pouvoir et un manque total de respect de la part de la présidente du CCM au Mali.

Les faits

Le Fonds Mondial alimenté par différents pays occidentaux a pour mission de mobiliser des ressources et de les allouer aux pays qui en font la demande en vue de lutter contre la tuberculose, le paludisme et le VIH/SIDA.

Le Fonds ne reconnaît qu’une seule instance de coordination nationale : le CCM, composée de représentants du secteur public, du secteur privé et de la société civile.

A ce titre, le CCM est chargé de coordonner la soumission de la proposition nationale basée sur les besoins prioritaires du pays. Sa présidence est annuelle et tournante. Cette autonomie qui aurait dû faire la force de cette institution, engendre aujourd’hui bien des dérives autoritaires.
Dans le cas du Mali, la présidente du CCM crée elle-même, sur les séries 8 et 9 du Fonds Mondial en cours, des comités d’orientation qu’elle préside elle-même afin de définir les orientations du Fonds Mondial mais aussi de sélectionner les bénéficiaires principaux et secondaires à la suite d’appels d’offres annoncés dans les journaux.

Le processus semble transparent et équitable de prime abord, sauf que les sous comités crées et présidés par la présidente du CCM, sont composés en majorité d’ONG américaines, bénéficiaires de fonds USAID et de l’USAID.

Ces comités font un travail préalable qu’ils soumettent au CCM/Mali avec des décisions souvent prises d’avance qui ne demandent qu’à être entérinées, le maître mot étant le consensus. La présidente du CCM s’est octroyée le droit de créer et de dissoudre des comités qui recrutent des organisations. C’est ainsi que 12 bénéficiaires secondaires ont été recrutés dont 6 structures américaines nouvelles sur le Fond, dans le domaine du SIDA.

Ces structures américaines qui bénéficient déjà de financements de leur pays pour venir en appui au Mali entrent en compétition avec les organisations maliennes et émargent sur des fonds qui auraient pu profiter aux organisations de la société civile malienne qui en ont davantage besoin.

SOUL

02 mars 2009