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Compte tenu de l’impact socio-économique particulièrement important, la tuberculose est devenue une urgence mondiale. C’est pourquoi à chaque 24 mars la communauté internationale célèbre la journée mondiale de lutte contre la tuberculose. Cette année, le Mali, à l’instar des autres pays, célèbre cette journée.

A l’occasion, le ministère de la santé à travers le programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT) organise des activités du 23 au 31 mars 2004.
A cet effet, une conférence de presse a été organisée le mercredi dernier à la représentation de l’OMS. Cette conférence qui a enregistré la présence des personnels de santé s’intéressant à la lutte contre la tuberculose, avait pour objectif d’informer la presse sur la situation épidemiologique de la tuberculose et de présenter la synthèse des rapports d’activités 2004 de lutte contre la tuberculose.

Ainsi dans son mot d’introduction, le représentant résident de l’OMS Lamine Cissé Sarr a souligné l’importance de la communication dans la lutte contre les maladies. Pour lui le niveau de santé de la population dépend de leur niveau d’information car pour éviter de tomber malade il faut de l’information sur la prévention.

Il a par ailleurs rappelé que l’Afrique a enregistré ces dernières années 25% de nouveaux cas annuels de tuberculose. Et la journée mondiale de cette année met l’accent sur les travailleurs qui sont en première lignes. D’où le thème « Le rôle des prestations de soins dans la lutte contre la tuberculose » avec comme slogan. ‘Agissons tous ensemble, la tuberculose sera vaincue pour toujours ».

Après ce mot d’introduction du représentant résident de l’OMS, Dr Mohamed Berthé du PNLT a présenté la synthèse des rapports d’activités 2004 des régions et du District de Bamako de lutte contre la tuberculose. C’est ainsi qu’il a précisé qu’il y a 2 millions de décès par an dans le monde, et que 98% de ces décès surviennent dans les pays en développement. Il a aussi souligné qu’en Afrique la tuberculose est encore un problème majeur de santé publique à l’échelle mondiale.

En Afrique subsaharienne la tuberculose contagieuse est estimée à 149 pour 100.000 habitants. Selon lui, d’après les estimations de l’OMS, l’incidence annuelle est passée de 7,3 millions en 1996 à 8,8 millions de cas en 2002. Et on prévoit 9 millions de cas en 2005 et 10 millions de cas en 2025. A en croire Dr Berthé, du PNLT au Mali, en 2004 sur un total de 2695 en traitement, 1771 patients ont été gueris, il y a eu 246 décès; 47 cas d’échec au traitement et 438 abandons de traitement.

Il a souligné que le taux de détection est bas dans certaines régions Kayes (6,79%) Sikasso (10,35%) et Koulikoro (10,57%) que le taux d’abandon au traitement pour certaines régions est encore elevé (Mopti, Koulikoro et Ségou) et que le taux de succès au traitement, relativement bon dans l’ensemble du pays, est en nette progression (65,90%).

Après la présentation de la synthèse des rapports d’activités 2004, le présentateur ainsi que la coordinatrice du PNLT Mme Alima Nacco, Benoît Karambiri chef de division prévention de la maladie et le Pr Touré se sont prêtés aux questions des journalistes.

A la question de savoir si la recrudescence de la tuberculose est due au VIH, Dr Berthé a signalé que le VIH peut entraîner la propagation de la tuberculose car le VIH affaiblit l’organisme de l’homme.

Parlant des raisons du faible taux de détection dans certaines régions, il a souligné que ce faible taux est dû entre autres à la migration, au faible taux de couverture sanitaire : moins de 100 CSCOM (centres de santé communautaire) sont impliqués dans la lutte contre la tuberculose, alors qu’il y a plus de 600 CSCOM dans notre pays.

Dado CAMARA

24 Mars 2005