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En Afrique de l’Ouest, le phénomène est en passe de devenir une forme d’esclavage des temps modernes. Le phénomène de la traite des personnes en Afrique de l’ouest s’amplifie et mène au développement de formes d’esclavage liées en grande partie à la faible application ou à l’inexistence, dans certains cas, de dispositions légales appropriées.

Pour renverser la tendance, un atelier régional de validation du répertoire de bonnes pratiques en matière de lutte contre la traite des personnes identifiées au Burkina Faso, en Cote d’Ivoire, en Guinée, au Mali et au Sénégal s’est tenu la semaine dernière au Grand hôtel.

La cérémonie d’ouverture était présidée par Nicolas Graviano, le chef du bureau de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Elle s’est déroulée en présence de Michel Grégoire, point focal des activités du Bureau international du travail (BIT), du représentant du ministère du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, Baba Samba Mahamane, et de celui du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mahamane Ousmane Touré.

Cette rencontre s’est attachée à promouvoir et renforcer la coopération pluridisciplinaire et à disséminer l’information dans le domaine de la prévention de la traite des personnes, de la protection des victimes et de la poursuite des trafiquants à travers la collecte des données relatives à la traite des personnes dans les six pays de la sous région.

Elle a aussi permis de former une soixantaine d’agents du secteur judiciaire des forces de l’ordre et des représentants d’ONG d’Afrique de l’Ouest dans le domaine de la prévention, de la protection des victimes de la traite des personnes et de la poursuite des trafiquants, et surtout d’encourager l’installation d’un réseau régional entre agents du secteur judiciaire, forces de l’ordre et membres d’ONG.

Autre objectif de la rencontre : amender le répertoire de bonnes pratiques en matière de lutte contre la traite des personnes identifiées dans les pays concernés, valider ce répertoire révisé et créer un réseau d’acteurs engagés dans la lutte contre la traite des personnes dans les cinq pays.

Le chef du bureau de l’OIM a salué une phase décisive du projet de la lutte contre la traite des personnes car la réunion va permettre de former des représentants des forces de l’ordre, des agents du secteur judiciaire et des ONG de la sous région.

Plus 60 ans après l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme, Nicolas Graviano juge important de rappeler que la traite des personnes est un processus qui entraîne la violation des droits les plus fondamentaux de l’être humain. Conscients de l’ampleur de ce fléau, dit-il, les États d’Afrique de l’ouest et du centre ont engagé le combat contre le fléau en initiant et en signant entre eux des accords bilatéraux assortis de recommandations.

Ces accords encouragent particulièrement la coopération régionale de tous les acteurs de la lutte contre la traite des personnes et l’échange d’information et d’expérience entre eux.
Chaque acteur issu des forces de l’ordre, du secteur civil, des structures gouvernementales, constitue, de son point de vue, un maillon de la même chaîne de lutte contre la traite des personnes, une chaîne dont la solidité repose sur l’engagement, le sens de responsabilité et l’appui de tout un chacun.

Michel Grégoire, le point focal des activités du BIT au Mali, a souhaité que la rencontre examine minutieusement le travail effectué dans le cadre de l’exécution des projets OIM et BIT/Lutrena, en matière de lutte contre le phénomène.

Le conseiller technique du ministère du Travail, de la Fonction Publique et de la Réforme de l’État, a constaté que la traite des personnes en général et celle des femmes et des enfants en particulier en Afrique de l’ouest, est en passe de devenir une forme d’esclavage des temps modernes. A ce propos, il a imputé essentiellement la méconnaissance ou la non application des textes.

« La traite des personnes est un phénomène inhumain et dégradant parce qu’étant une violation flagrante des droits de l’homme. C’est pourquoi ce fléau constitue une préoccupation majeure tant pour les pouvoirs publics que pour les organisations non gouvernementales de nos pays respectifs », a commenté Baba Samba Mahamane.

L’atelier a regroupé des participants venus du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire, de Guinée, du Sénégal, du Cameroun et du Mali.

Seydou TANGARA

Essor du 17 Décembre 2008