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Pour une meilleure appropriation du droit d’auteur et pour mieux lutter efficacement contre la piraterie, le ministère de la culture, à travers le bureau malien du droit d’auteur (BUMDA), a décidé de renforcer la capacité des agents des Douanes et du bureau central national de l’Interpol qui sont sensés de mener des actions de grande envergure tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur. A cet effet, une formation a été initiée, le 10 juillet 2013, à l’intention de 10 agents des Douanes et 10 agents de l’Interpol au régime de protection des œuvres littéraires et artistiques et de les familiariser dans les stratégies de lutte contre la piraterie.

Par cette formation, le ministère de la culture veut créer une synergie autour des actions de lutte contre la piraterie, formuler des recommandations pour une lutte efficace et efficiente et attirer l’attention des agents sur les nouvelles formes de piraterie. Trois modules ont été développés à l’intention des participants. Ce sont : Le régime de protection des œuvres littéraires et artistiques, les atteintes au droit d’auteur et la stratégie de lutte contre la piraterie. Bruno Maïga, ministre de la culture, a estimé que cette initiative du BUMDA est à saluer à juste titre et d’en mesurer toute l’importance à un moment où les atteintes aux droits d’auteurs prennent des dimensions multiformes, de plus en plus complexes et difficiles à cerner. Le ministre a estimé que la protection des droits des auteurs d’œuvres de l’esprit a été, sans cesse au centre des préoccupations des autorités de notre pays qui ont toujours œuvré pour l’intangibilité et la promotion des droits des créateurs, ainsi que la protection de leurs œuvres.

« Le droit d’auteur et les droits voisins, tout comme la création intellectuelle qu’ils protègent ont des valeurs universelles », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter qu’ils restent confrontés au défi majeur de la piraterie persistance, devenue désormais un fléau mondial qui fait peser sur la créativité, et du coup sur notre patrimoine culturel qui est notre plus grande richesse, des menaces gravissimes. Selon le ministre, à l’ère du numérique, aux formes classiques d’exploitation des œuvres se sont substitués des usages plus subtiles, mais dommageables pour les intérêts des auteurs. « Les TICs ont rendu les œuvres plus faciles à copier et à partager, mais toujours plus difficiles à vendre », a-t-il déclaré. Le ministre a indiqué que des quantités d’œuvres contrefaites sont déversées sur le marché discographique intérieur par des firmes étrangères.

« Les éditeurs n’arrivent plus à écouler leurs stocks à cause de ces tonnes de livres illégalement imprimés qui jalonnent tous les coins de rues de nos villes grandes villes », a-t-il rappelé. Avant d’indiquer que les auteurs, notamment les musiciens, les cinéastes, les écrivains peinent à vivre du fruit de leurs créations. « Leurs œuvres sont piratées aussitôt achevées et vendues sous leur regard impuissant, sans scrupule par des individus opérant à grande échelle, souvent dans des réseaux organisés, défiant la force publique », a-t-il déclaré. C’est convaincu que la culture se nourrit de la créativité, le ministre de la culture a estimé qu’il importe que les œuvres de nos créateurs soient protégées contre toutes formes d’attaque et qu’elles restent accessibles au plus grands nombre d’usagers, mais dans le respect scrupuleux de leurs droits reconnus et garantis par la Constitution, les conventions internationales et les lois de la république.

Assane Koné

Le Républicain du 11 juin 2013