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La redynamisation de l’industrie malienne est l’un des moyens efficace pour lutter contre la pauvreté et le chômage dans le pays. Pour ce faire, l’Organisation patronale des industriels (OPI) a proposé dans la 2e édition de son Livre blanc, le renforcement du partenariat Public-Privé-PTF, appelé 4P.

Dans le deuxième numéro de son Livre blanc publié cette semaine, l’OPI décrit le tableau sombre de l’industrie malienne qui peine à jouer pleinement son rôle dans la création de richesses, d’emplois, et donc d’amélioration durable du niveau de vie des citoyens.

Pour renverser la tendance et amener l’industrie à un niveau normal, c’est-à-dire porter sa contribution au PIB à un taux compris entre 10% et 20% contre 5% en 2015, l’OPI mise sur le renforcement du 4P. Le public devra apporter la terre et garantir le sérieux, le privé pour gérer l’entreprise et racheter les parts des autres acteurs lorsque l’entreprise atteint un niveau de maturité durable et les partenaires techniques et financiers pour apporter l’assistance technique et financière.

A cela s’ajoute d’autres mesures préconisées par l’OPI. Il s’agit de la réduction du TVA à 5% uniquement pour les produits manufacturés et non importés, la suppression de la taxe sur les activités financières (TAF) et la création d’un observatoire malien de l’industrie du partenariat public privé et PTF (4P). A cela s’ajoute la relecture du décret 299/P-RM du 3 juin 2002 portant sur la répartition des produits amendés confiscations, pénalités, frais de poursuite et de primes sur les recettes budgétaires, la création d’une fédération des industriels de l’hinterland avec le Burkina Faso et le Niger pour faire valoir l’industrialisation des pays enclavés, l’abaissement de l’impôt sur les sociétés à 25% (au lieu de 30% actuellement) et plafonner l’impôt minimum forfaitaire (IMF) par palier, etc.

Selon le président de l’OPI, Cyril Achcar, la balance commerciale du Mali est fortement déficitaire, (environ 400 milliards de F CFA en 2015, selon la BCEAO). Cela s’explique par l’importation de produits industriels dont le Mali occupe la tête du peloton dans l’espace l’UEMOA.
« Le Mali est un pays pauvre, mais qui regorge d’énormes potentialités de développement, notamment dans les filières porteuses et propices à l’émergence d’industries. Notre pays peut figurer parmi les nations africaines les plus développées. La redynamisation de l’industrie doit être un pilier majeur pour atteindre cet objectif. Des pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Ghana l’ont fait. Pourquoi pas le Mali ? », s’interroge M. Achcar.
Sory I. Konaté
15 Septembre 2016
©AFRIBONE