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Sur invitation de la première dame du Mali, les premières dames d’Afrique n’ont pas fait que du tourisme à Bamako. Au contraire, elles ont utilisé l’essentiel de leur temps à essayer de trouver une solution aux problèmes de santé maternelle qui intéressent toutes les femmes en particulier et l’humanité entière en général.

Cette réunion en marge du sommet a bénéficié de l’implication des spécialistes en gynécologie comme les professeurs Alihonou du Bénin et Amadou Dolo du Mali.
Elle a été minutieusement préparée sous l’impulsion du ministre de la santé du Mali, Mme Maïga Zeynab Mint Youba.

La rencontre des premières dames s’inscrit dans le cadre du forum « Vision 2010 » pour la réduction de la mortalité maternelle et néonatale initié en 2001 par les épouses des chefs d’État d’Afrique de l’ouest et du centre réunies à Bamako.

Ce forum a abouti à l’élaboration d’un cadre logique définissant les interventions à mettre en œuvre pour réduire de moitié d’ici 2010 la mortalité maternelle et néonatale et la morbidité d’un tiers.

Cinq ans après, la première dame du Mali, Mme Touré Lobbo Traoré a décidé d’inviter ses paires pour évaluer, en marge du sommet, l’état de mise en œuvre des actions et de proposer des solutions aux problèmes qui se posent afin d’accélérer l’atteinte des objectifs.

En Afrique, sur 100 000 naissances vivantes, 870 décès maternels sont constatés, contre 30 dans les pays développés. Rappelant les objectifs de la Vision 2010, Mme Toure Lobbo Traoré a rendu hommage à toutes les premières dames engagées dans ce combat, avec une mention spéciale à sa sœur aînée, Mme Adame Bâ Konaré, pour son rôle de premier plan dans l’organisation du forum 2010.

Selon la première dame du Mali, les actions à entreprendre pour atteindre les résultats escomptés ont été clairement identifiées. Il s’agit de la promotion de la femme, l’amélioration de la qualité des soins et la disponibilité d’un personnel qualifié et motivé.

L’épouse du chef de l’état a exprimé le vœu que cette rencontre en marge du sommet puisse permettre l’élargissement de l’initiative 2010 à toutes les régions d’Afrique confrontées au même fléau.

Dans l’exposé qu’elle a présenté à cette auguste assemblée des premières dames d’Afrique, le ministre de la santé, Mme Maïga Zeynab Mint Youba, a souligné que la vision 2010 représente une réponse à la tragédie de la mortalité maternelle et néonatale en Afrique de l’ouest et du centre.

Selon elle, donner la vie en Afrique relève d’une véritable hécatombe car la mortalité maternelle fait plus de 500 000 décès par an, soit un décès par minute. En Afrique de l’ouest et du centre, il s’agit de 120 000 décès par an et un décès toutes les trois heures pour le Mali.

En Afrique, 4 millions de bébés meurent par an au cours des quatre premières semaines de vie, soit 10 000 décès de bébés par jour et 450 toutes les heures. Au Mali, on note 100 décès de bébés par jour.

Selon Mme Maïga Zeynab Mint Youba, les causes sous-jacentes de la morbidité alarmante sont la fécondité trop élevée, le faible statut de la femme, le taux de scolarisation bas, les pratiques traditionnelles néfastes, la pauvreté, la malnutrition et la sous médiatisation. Le cri lancé est qu’on peut y remédier !

Dans leurs résolutions, les épouses des chefs d’État ont pris l’engagement de tout mettre en œuvre pour l’inscription de la réduction de la mortalité maternelle et néonatale dans l’agenda politique de l’Union africaine afin de lui assurer un haut niveau de priorité au moins égal à celui du Vih/sida, du paludisme et de la tuberculose.

Elles prennent l’engagement de faire un plaidoyer auprès de l’Union africaine pour instituer le 8 mai comme la journée africaine de la réduction de la mortalité maternelle et néonatale.

Enfin elles s’engagent à assurer un plaidoyer pour l’allocation permanente de ressources financières conséquentes aux niveaux international, régional et national.

Boukary Daou

05 décembre 2005.