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Dans notre pays, près de 7 femmes sur 10 sont anémiques et plus de 4 enfants sur 5 de moins de 5 ans souffrent d’anémie.« Au Mali, la malnutrition est passée de 11 à 13% selon l’enquête démographique et de santé (EDS) IV. Dans le même temps, la malnutrition chronique et l’insuffisance pondérale ont respectivement affiché des taux de 34 et 32%. Près de 7 femmes sur 10 sont anémiques et plus de 4 enfants sur 5 de moins de 5 ans souffrent d’anémie. Selon les études, la perte économique à cause de l’anémie est estimée à plus de 4% du produit intérieur brut au Mali ».

jpg_malnutrition.jpg Les statistiques fournies par le ministre de la Santé, Oumar Ibrahima Touré, donnent un aperçu de la gravité de la problématique de la nutrition dans notre pays. Cette problématique est au cœur du Forum national sur la nutrition ouvert hier au Centre international des conférences, en présence du président du forum, le Pr Abdoulaye Ag Rhali, du Commissaire à la sécurité alimentaire, Mme Lansry Nana Yaya Haïdara, du maire de la Commune III, Kader Sidibé.

On notait également la présence de représentants du système des Nations-Unies – Mme Mbaranga Gasarabwe la coordinatrice, Marcel Rudasigwa de l’Unicef, Mme Diallo Fatoumata Binta Tidiane de l’OMS et Claude Jibidar, directeur régional adjoint pour l’Afrique de l’ouest du PAM – et Didier Versé de la Commission de l’Union européenne.

Les chiffres sur la malnutrition font froid dans le dos. Le problème se pose avec de plus en plus d’acuité dans notre pays qui entend mettre en œuvre des politiques et stratégies efficaces pour inverser la tendance. Le forum s’attachera à développer tous les risques liés à la malnutrition pour les enfants et les femmes.

Ainsi des experts venus de pays africains, d’Europe et d’Inde échangeront expériences et points de vue afin de préciser les orientations nécessaires et, au bout, d’impulser une nouvelle dynamique à la politique et aux stratégies de lutte contre la malnutrition.

D’une manière générale, la malnutrition constitue une préoccupation essentielle dans le monde en général et l’Afrique en particulier. Les statistiques font état de 55 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition aiguë dont 19 millions de cas sévères à l’échelle mondiale. La grande majorité de ces cas est concentrée dans 36 pays d’Afrique Sub-saharienne et au Sud de l’Asie.

Parmi les 10 millions de décès observés chaque année chez les enfants de moins de 5 ans, la malnutrition est associée à plus de 50% d’entre eux. Ces chiffres interpellent la conscience et soulignent l’urgence à agir et de mettre en œuvre une politique performante et des actions pour circonscrire les conséquences de la malnutrition sur les couches les plus vulnérables notamment les femmes et les enfants.

A ce propos, Oumar Ibrahima Touré a attiré l’attention sur la nécessité de mener des interventions efficaces dans les collectivités territoriales, les communautés à la base et les familles face à la malnutrition. Pour le maire de la Commune III, les chiffres, peu flatteurs, nous imposent des interrogations sur les politiques et stratégies de lutte contre la malnutrition.

Kader Sidibé a souhaité une meilleure exploitation de notre potentiel agricole pour changer la donne. Le problème de la malnutrition requiert une mise en synergie des différentes actions. Les partenaires techniques et financiers (PTF) s’inscrivent dans cette vision globale et accompagnent les efforts du gouvernement. Le porte-parole des PTF et représentant résident de l’Unicef, Marcel Rudasigwa, a énuméré les formes de malnutrition notamment l’émaciation, l’insuffisance pondérale et la carence en micronutriments.

La malnutrition ne devient visible qu’une fois devenue sévère ou grave, a-t-il signalé. Didier Versé a précisé que la malnutrition, responsable de milliers de décès d’enfants et de femmes, constitue un frein au développement de l’individu et de la communauté. Il a réitéré l’engagement européen à accompagner l’initiative.

Ll’Union européenne a souhaité être associée à ce forum qui porte les prémices d’un plan national avant de rappeler que la révision du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP) est une opportunité à saisir pour placer la malnutrition au cœur des préoccupations.

Cette rencontre qui prend fin demain sera marquée par des communications et des discussions sur des thèmes comme le rôle, la place et l’importance de la nutrition dans l’atteinte des résultats du CSCRP ; l’ingénierie de la nutrition (choix des interventions et synergie d’action dans un contexte multisectoriel). Le financement de la nutrition, le renforcement des ressources humaines et la formation, le cadre légal et institutionnel de la nutrition seront aussi débattus.

Bréhima Doumbia

L’Essor du 02 Juin 2010.

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Malnutrition chronique : Plus de 30 % des enfants concernés

Le forum national sur la nutrition a démarré ses travaux hier 1er juin, au CICB, sous la présidence du ministre de la santé, Oumar Ibrahim Touré. Pendant trois jours de travaux, experts et participants dégageront des recommandations permettant de repositionner la nutrition dans les politiques et stratégies du Gouvernement de la République du Mali et de ses Partenaires Techniques et Financiers. Dans notre pays, la situation nutritionnelle est assez grave, selon EDS IV Mali.

Le forum national sur la nutrition qui se tient présentement à Bamako a eu comme prélude les fora régionaux, il y a trois mois. Il est désormais question de malnutrition, le problème qu’elle pose étant bien une question de santé publique au Mali.

Depuis les résultats des enquêtes démographiques et de Santé du Mali de 2006 (EDS IV Mali), le phénomène est connu comme étant un fléau, un sujet brûlant tel que l’a reconnu le ministre de la Santé Oumar Ibrahim Touré lors de l’ouverture du Forum national, le 1er mai 2010, au Centre international de conférences de Bamako (Cicb). Au cours des trois jours de travaux, « il s’agira pour l’ensemble des Experts et des participants d’apporter une impulsion et une action d’accompagnement capables de repositionner très haut la nutrition dans les politiques et stratégies du Gouvernement de la République du Mali et de ses Partenaires Techniques et Financiers », a indiqué le ministre.

Il s’agira aussi d’attirer l’attention nécessaire sur la nécessité d’instaurer des interventions efficaces dans les Collectivités territoriales, les Communautés à la base et les Familles face à la malnutrition.

En cela, les orientations stratégiques et les résultats issus des 9 Fora Régionaux et du district de Bamako, qui ont regroupé plus de 1 500 participants sont un levain important pour fructifier les différentes présentations, les débats et les échanges, selon le ministre.

Dans le monde, on estime que 55 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë dont 19 millions de cas sévères, la grande majorité des cas sont concentrés dans seulement 36 pays en Afrique Sub-saharienne et au sud de l’Asie centrale.

Et parmi les 10 millions de décès observés chaque année à travers le monde chez les enfants de moins de 5 ans, la malnutrition est associée à plus de 50% de ces décès. A ce propos, le Programme Alimentaire Mondial estime qu’en Afrique de l’Ouest, 3,2 millions d’enfants de moins de 5 ans à peu près souffrent de malnutrition aiguë, alors que le cas de 9 millions d’enfants relève de la malnutrition chronique.

Le Mali fortement frappé par la malnutrition

Le ministre Oumar Ibrahim Touré a rappelé que la sous-nutrition met en danger la survie, la santé, la croissance et le développement des enfants. Elle freine considérablement l’atteinte des objectifs de développement et donne l’impression d’être un problème invisible. Or, l’état nutritionnel futur d’un enfant se dessine avant même sa conception, et dépend grandement de l’état nutritionnel de sa mère avant et pendant la grossesse.

Une femme anémique a plus de risque de donner naissance à un enfant de faible poids. De manière générale, une femme souffrant de sous-nutrition chronique donnera naissance à un enfant risquant de souffrir lui-même de sous-nutrition, et ce cycle de la sous-nutrition se répétera de génération en génération.

Le taux de malnutrition aiguë, selon les résultats de l’Enquête Démographique et de Santé Mali III ou EDS Mali III, était de 11% en 2001. Ce taux, suivant les résultats de l’EDS Mali IV, a atteint 13% en 2006.

Dans le même temps, la malnutrition chronique et l’insuffisance pondérale ont respectivement affiché les taux de 34% et 32%, a rappelé le ministre. « Dans notre pays, près de 7 femmes sur 10, soit 67 %, sont anémiques. Plus de 4 enfants sur 5, soit 81 % des enfants de moins de 5 ans, souffrent de l’anémie. Aussi, près d’1 million d’enfants de moins 5 ans, soit 2 enfants sur 5, souffrent de malnutrition chronique. Et près de 800.000 enfants, soit 1 sur 4, souffrent d’insuffisance pondérale », a-t-il énuméré.

Ainsi, la perte économique, à cause de l’anémie, a été estimée à plus de 4% du Produit intérieur brut au Mali. Face à cette situation, il était utile et urgent pour le département de la Santé d’envisager la préparation, l’organisation et la tenue d’un Forum National sur la Nutrition. La tenue de ce forum est une première en Afrique.

Le Forum national sur la malnutrition « s’articule autour des résultats des Fora Régionaux et du District de Bamako, pour être en phase avec les orientations stratégiques de notre pays.

Il s’agit de celles contenues dans le Programme de Développement Economique et Social ou PDES initié par Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, Président de la République du Mali, et dans le Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté au Mali 2007-2011 », a indiqué le ministre de la Santé.

Il a souligné la disponibilité totale de son département pour accompagner la mise en œuvre effective des résultats et recommandations qui seront issus de ces assises.

Dès la cérémonie d’ouverture, le maire de la Commune III, Abdoul Kader Sidibé a souligné la nécessité de faire des menus équilibrés à partir de notre production, mettant à profit notre potentiel agricole. Le représentant des partenaires techniques et financiers a appelé les participants à la prise en compte de la malnutrition qui est un problème de santé publique, dans tous les plans de développement. L’ensemble instrumental et le groupe Nyogolon ont permis de joindre l’utile à l’agréable.

B. Daou

Le Républicain du 02 Juin 2010.