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Le jeudi 19 septembre 2019, s’est tenu à l’hôtel MANDE, un atelier d’échanges et de mobilisation des parlementaires des acteurs de la société civile et des médias en faveur de l’accroissement du financement destinée à la lutte contre la nutrition au Mali.

C’est donc pour une bonne cause que l’Action contre la faim en partenariat avec l’Union européenne, Scaling Up nutrition, a réuni les parlementaires , les acteurs de la société civile, les organisations humanitaires ( UNICEF, WOrld vision, le PAM, FAO, Wateraid FENASCOM …) ainsi que les hommes de médias afin de les sensibiliser sur la nécessité de l’accroissement du budget alloué à la nutrition au Mali et les conséquences que peuvent engendrer la malnutrition chez les enfants de 6 à 23 mois , tout comme chez les femmes enceintes et allaitantes.

Deux types de malnutrition ont été évoqués lors de cet atelier d’échanges à savoir : la malnutrition chronique et celle dite aigüe. Néanmoins, la malnutrition aigüe serait la plus dangereuse.

Selon un rapport de l’ O.M.A.E.S plusieurs enfants seraient victimes de la malnutrition chronique et aigüe dans notre pays et si les mesures ne sont pas prises dans 5 ans, le Mali pourrait voir 52.000 de ses enfants souffrir d’un déficit mental sévère, 175.000 d’un retard mental sévère et 1500.000 d’un déficit mental léger.

A en croire les différents intervenants, la malnutrition est placée parmi les priorités les plus urgentes de notre pays, 25 % de la population est confronté à une insécurité alimentaire. En effet, à cause de celle-ci, l’Etat malien perd chaque année plus de 266 milliards de FCFA . Une perte qui correspond à 4,6 % de son P.I.B. (Produit intérieur brut).

C’est dans cette optique que plusieurs ateliers ont été organisés afin de fixer une ligne budgétaire sur les actions qui sont et qui seront menées dans les prochaines années.

Pour les intervenants , la malnutrition ou la mauvaise alimentation est due en grande partie à la pauvreté et au salaire que perçoivent certains chefs de familles. Celle-ci affecte la santé et le développement d’un individu et réduit les chances de développement économique et social des sociétés.

Retard de croissance

Outre , les causes citées la malnutrition peut aussi entraîner le retard de croissance sur les neurones.

Préoccupée , la communauté internationale s’est engagée à réduire les retards de croissance à 40% d’ici l’horizon 2025 et éradiquer la malnutrition sous toutes ses formes d’ici 2030.

Paul Kagayo , représentant de l’ONG Cluster Nutrition, estime que les régions du nord et du centre restent les plus touchées et affectées par la malnutrition ( Tombouctou, Gao, Kidal, Ménaka, Mopti…) et 47,3% d’adultes au Mali a souffert d’un retard de croissance durant leur enfance et la moralité infantile associée à la sous-nutrition réduit à 11,6% la population active du Mali.

Toutefois, a précisé M. Kagayo, « la malnutrition chez les enfants entraîne une déficience cognitive et physique et les enfants deviennent moins performants ce qui affecterait la qualité de leur vie. Les études révèlent d’ailleurs que les enfants qui ont souffert de la malnutrition sont pour la plupart des cas moins travailleurs sur le marché de l’emploi ».

« S’il l’on agit pas vite le Mali pourrait enregistrer des pertes de vies humaines et financières à l’horizon 2025 » a-t-il ajouté

Malgré la réticence de certains partenaires et l’absence d’un budget consistant, les conférenciers se sont montrés confiants; pour eux le Mali est l’un des premiers Etats de l’Afrique de l’Ouest à avoir lancé une politique de protection sociale en 2002. Les statistiques de ces dernières années en témoignent dans notre pays, le taux de malnutrition aigüe en 2001 était estimé à 27% , aujourd’hui force est de constater que ce pourcentage a été réduit à 24,1 % grâces à l’appui des partenaires et ONG à caractère humanitaire quant au taux de retard de croissance, il est parti de 20% à 18 % ; de quoi consoler les acteurs de la société civile.

Enfin, les conférenciers ont tour à tour exhorté la société civile à faire preuve d’humanisme et de solidarité.

Darcia
Bamako, le 20 Septembre 2019
©AFRIBONE