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Une enquête a été ouverte pour savoir comment le virus a pu arriver au Mali. Et comprendre pourquoi le Gouvernement n’a pas été averti après le décès d’un imam guinéen.

La bonne nouvelle aura été de courte durée. À peine le premier foyer d’Ebola était-il déclaré éteint (la fillette de 2 ans décédée le 24 octobre à Kayes n’a été source d’aucune contamination secondaire) qu’un autre apparaissait, en plein cœur de la capitale.
Cette fois encore, le virus est passé par Kourémalé, une ville à cheval sur la frontière entre la Guinée et le Mali. C’est là qu’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) s’est rendu, le 17 novembre : « C’est une question de défense nationale, a-t-il déclaré. Je suis venu vous dire qu’Ebola est combattu vigoureusement au Mali. Ebola sera vaincu. » Une information judiciaire a été ouverte pour comprendre comment le virus est arrivé à Bamako et, surtout, pourquoi le gouvernement n’en a pas été immédiatement averti.

C’est un Guinéen de 70 ans, Oussou Koita, qui a cette fois servi de vecteur à la maladie. Depuis son décès, le 27 octobre à Bamako, plus de 400 contacts ont été recensés : chacun d’entre eux est tenu de se présenter deux fois par jour dans un centre médical afin que sa température soit prise et que d’éventuels cas suspects soient détectés.
Muni d’un certificat des autorités de santé obtenu grâce à l’intervention d’un chef de village, le vieil homme est conduit à Bamako par la piste pour éviter les points de contrôle.

Que sait-on de lui ? Qu’il est l’imam de Kourémalé, mais que, quand les premiers symptômes apparaissent, le 17 octobre, c’est dans une clinique privée de la ville voisine de Siguiri qu’il est d’abord conduit. Son état ne s’améliorant pas, son fils décide quelques jours plus tard de l’emmener dans une autre clinique, située du côté malien de Kourémalé. Deux jours plus tard, sa famille décide de le faire hospitaliser à Bamako. Muni d’un certificat des autorités de santé, sans lequel il n’aurait pas été autorisé à circuler et obtenu grâce à l’intervention d’un chef de village, le vieil homme est conduit à Bamako par la piste pour éviter les points de contrôle.

TOUS LES PROCHES SONT TOMBÉS MALADES

Les cinq personnes – dont l’imam – arrivent à destination. Elles sont accueillies par un concitoyen, Issa Keita. C’est lui qui, le 26 octobre, accompagnera Oussou Koita à la clinique Pasteur. Il y mourra le lendemain. Les jours suivants, son corps transite par une mosquée de Bamako, avant d’être rapatrié en Guinée… Sans que jamais les autorités en soient informées. Les proches de l’imam sont depuis tous tombés malades. Le 10 novembre, Issa Keita et un infirmier de la clinique décèdent à leur tour. Cette fois-ci, l’alerte est donnée.

Pourquoi la clinique a-t-elle mis plus de dix jours à réagir ? Une enquête a été ouverte. « Pour le moment on n’accuse personne, mais tout n’a pas été dit sur ce qu’il s’est passé à Pasteur », explique-t-on au ministère de la Santé. Seul le médecin chef, qui est depuis décédé, aurait averti les autorités, le 10 novembre, mais pour le seul cas de l’infirmier, pas pour celui de l’imam. À Bamako, on rappelle que cette clinique est réputée pour être la meilleure de la ville et qu’elle ne souhaitait sans doute pas perdre sa clientèle.
Un contrat la liait avec la mission onusienne au Mali ; le 15 novembre, la Minusma a d’ailleurs décidé de ne pas le reconduire… Le 20 novembre 2014, une vingtaine de Casques bleus, pour la plupart blessés dans le Nord, y étaient encore soignés et placés en quarantaine.

ON N’EST JAMAIS TROP PRUDENT

Au moins 35 centres d’isolement ont été mis en place dans le sud-ouest du Mali et 20 lits sont prêts à accueillir les malades dans la capitale. Bamako a toujours refusé de fermer ses frontières avec la Guinée, mais depuis un peu plus de trois mois des équipes de santé étaient formées dans l’attente d’une propagation du virus. « Toutes les structures de santé, publiques comme privées, ont bénéficié d’une formation sur la maladie, explique Markatié Daou, le porte-parole du ministère de la Santé. C’est pourquoi nous ne comprenons pas qu’aucun test n’ait été pratiqué à la clinique Pasteur. »

Source : Jeune Afrique

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Maladie à virus Ebola : l’envoi de renforts sur place, “première priorité”, selon le coordinateur de l’Ue Christos Stylianidès coordinateur pour l’Union Européenne du virus Ebola

Envoyer « le plus vite possible sur place du personnel médical formé et spécialisé » et « lancer la reconstruction des systèmes de santé locaux »: c’est la feuille de route que trace à l’Union Européenne (Ue) son coordinateur Ebola, le Chypriote Christos Stylianidès, dans un entretien avec l’Afp.

Au niveau européen, « le niveau de mobilisation est satisfaisant, mais il ne faut surtout pas relâcher l’effort », affirme le Commissaire Européen à l’Aide Humanitaire, qui doit présenter un plan d’action au prochain sommet de l’UE, fin décembre.
« La première priorité » est de mobiliser des « médecins, infirmiers, hygiénistes, épidémiologistes », mais aussi « psychologues ou sociologues » pour participer à la lutte contre l’épidémie dans les pays touchés, Liberia, Sierra Leone, Guinée, et désormais Mali.

En dépit de l’engagement du Royaume-Uni en Sierra Leone, et de la France en Guinée, en parallèle au déploiement de forces des États-Unis au Libéria, le mouvement a été long à engager.
Les volontaires ne se bousculent pas au vu de la dangerosité d’Ebola pour le personnel de santé, directement exposé à la contamination, et nombre d’États européens rechignent à solliciter davantage leurs systèmes de santé.
De retour d’une mission commune en Afrique occidentale à la mi-novembre, M. Stylianidès et son collègue de la Santé, Vytenis Andriukaitis, ont contacté leurs homologues dans les capitales européennes pour accélérer la manœuvre.

Entretemps, l’UE a mis sur pied un système d’évacuations médicales pour rassurer ses soignants. Il est désormais « pleinement opérationnel », avec « quatre avions en stand by » au Luxembourg et aux États-Unis et neuf pays prêt à accueillir des rapatriés dans des unités de traitement, selon une note de la Commission.
La Commission compte sur un sursaut des 28. Déjà, la Suède a annoncé l’envoi de 42 soignants, la Grèce prépare une première équipe, un cargo néerlandais chargé d’aide va rallier pour la deuxième fois l’Afrique occidentale, indique M. Stylianidès.

AIDE CIBLÉE, FLEXIBLE ET MOBILE

« Ce dont nous avons besoin, c’est d’un pool de volontaires très bien formés », souligne-t-il. Mais il n’endosse pas l’objectif, avancé par une source européenne la semaine dernière, de constituer une réserve de 5.000 médecins.

L’essentiel est de pouvoir fournir une réponse ciblée et « flexible », en déployant les spécialistes requis, et des « équipes médicales mobiles », d’autant que les situations divergent de pays à pays.
« Au Liberia, nous disposons d’une cartographie de la situation qui nous permet de réagir immédiatement. Ce n’est pas le cas en Sierra Leone et au Liberia, et c’est pour cela que nous y avons besoin d’épidémiologistes », détaille-t-il.
La Commission a plaidé lundi auprès des Ministres de la Santé réunis à Bruxelles pour plus d’effort « au niveau des communautés, dans les zones rurales ».
« Traiter, identifier les victimes et leurs contacts, former le personnel local, informer le public et organiser des funérailles en sécurité »: la liste des tâches recensées est longue, alors que la fièvre hémorragique Ebola déjà tué près de 6.000 personnes.

S’y ajoute, selon la Commission, la mise en place « de systèmes de soins primaires », incluant santé maternelle et infantile, vaccinations et prise en charge d’autres maladies, de la malaria au sida.
« Les systèmes de santé des pays touchés sont dans un état critique. Si nous ne réussissons pas à moyen terme à les reconstruire, nous n’aurons rien fait. Les mêmes problèmes se répéteront avec d’autres épidémies, choléra ou malaria », insiste M. Stylianidès.

Au total, l’Union Européenne (Ue) a jusque là promis plus d’un milliard d’euros pour financer cette assistance. Mais pour aider les pays touchés « à prendre un nouveau départ », le coordinateur européen compte aussi réunir une conférence internationale d’ici deux à trois mois. Une première réunion préparatoire se tiendra le 12 décembre à Bruxelles.

L’enjeu d’un tel rendez-vous doit être de liguer les pays touchés contre Ebola, souligne M. Stylianidès. « Sans coopération des trois pays, et maintenant du Mali, nous aurons sans cesse des problèmes de propagation de la maladie, qui échappera au contrôle ».

Source : Afp

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La situation de la lutte contre la maladie à virus Ebola à la date du 03 Décembre 2014

Ce jour mercredi 03 décembre 2014, la situation de la lutte contre la maladie à virus Ebola se présente comme suit :

– sept (7) cas positifs : six (6) liés au patient guinéen et la fillette de Kayes ;

– cinq (5) décès dont quatre (4) liés au patient guinéen ;

– un (1) cas confirmé est toujours en traitement dans un centre spécialisé ;

– zéro (0) nouveau cas confirmé ce jour ;

– zéro (0) cas suspect ce jour ;

– un (1) prélèvement effectué, hier sur une dépouille mortelle suspecte a été testé négatif ;

– le nombre de personnes-contacts est de 60;

– le nombre de contact suivi ce jour est de 59;

– le nombre de contacts non vus est de un (1), soit un taux de suivi de 99,3%;

– levée de suivi sur cent soixante-sept (167) personnes-contacts.

– un (1) cas guéri et libéré le vendredi 28 novembre 2014.

Malgré la stabilisation de la situation, le Gouvernement appelle la population à la vigilance, et à signaler tout signe pouvant évoquer cette maladie aux services compétents, afin de réunir toutes les conditions favorables à une guérison.

Le Gouvernement renouvelle son soutien aux agents de la santé et aux services de sécurité pour faire respecter avec rigueur les consignes de contrôle sanitaire.

Le Gouvernement remercie l’ensemble de la communauté internationale pour son appui conséquent dans la lutte contre la maladie, et ses témoignages de solidarité à l’endroit du Mali.

Le Gouvernement invite toutes les personnes ayant eu des contacts directs ou indirects avec les personnes déclarées positives à se faire identifier, pour un contrôle sanitaire, en appelant les numéros verts : 80 00 89 89 / 80 00 88 88 / 80 00 77 77.

Bamako, le 03 décembre 2014

Le Coordinateur du Centre Opérationnel d’Urgence

Pr. Samba O. SOW

Le Soir de Bamako du 4 Novembre 2014