Partager

carter.jpg
La distinction décernée par le Centre Carter au président Touré est la récompense d’une disponibilité constante dans la lutte contre le ver de Guinée dans les pays d’Afrique francophone.

C’est en 1993 que l’ancien président américain Jimmy Carter au cours d’une de ses visites à Bamako, avait demandé à Amadou Toumani Touré de s’intéresser à l’éradication du ver de Guinée. Depuis lors, ATT qui venait de mener à bon port la transition démocratique s’engagea à fond pour l’éradication de cette maladie.

Cet engagement personnel dans la lutte contre le ver de Guinée dans les pays francophones d’Afrique vient d’être récompensé par le Centre Carter qui lui a décerné un prix. La distinction lui a été remise mercredi à Abuja. C’était à la faveur de le 8è conférence régionale sur l’éradication du ver de Guinée convoquée dans la capitale fédérale du Nigeria.

La cérémonie de remise du prix s’est déroulée en présence de l’ancien président des États-Unis et de son épouse Rosaline Carter. Un autre ancien président et son épouse assistaient également à la cérémonie : Yakubu Gowon du Nigeria et Victoria Gowon.

Le chef de l’État a dédié le prix à sa mère qui avait tant souffert de la dracunculose, aux malades du ver de Guinée et à tous les responsables qui luttent contre cette maladie. « Quand en 1993, le président Carter m’a demandé de m’intéresser à l’éradication de la dracunculose, tout comme le général Yakubu Gowon, je me suis demandé, si on n’avait pas plutôt besoin d’un médecin que d’un général pour mener la lutte contre le ver de Guinée« , s’est souvenu le président de la République.

Et Amadou Toumani Touré de rappeler que l’éradication du ver de Guinée n’est pas seulement une question de santé publique. Il s’agit également d’un problème d’hygiène et de développement.

« Aujourd’hui dans tous les pays du continent et même d’ailleurs, nous avons des difficultés par rapport aux prix des céréales. Nous ne pouvons donc que combattre résolument la dracunculose communément appelée dans nos pays « la maladie du grenier vide« .

Le président Touré a fait remarquer que lorsqu’il était le premier responsable de la lutte contre la maladie dans notre pays, les résultats étaient meilleurs que ceux d’aujourd’hui.

Une note technique sur la situation de la maladie établit que notre pays a notifié un cas endigué de dracunculose en janvier dernier à Tadjimart (cercle de Tessalit) dans la Région de Kidal, lors d’une visite du coordinateur du Programme national d’éradication de la dracunculose, Gabriel Guindo et de Jim Ting, conseiller technique résident du Centre Carter. Tadjimart avait connu une flambée de dracunculose signalée aux autorités sanitaires locales en juin 2007. Cependant, le secrétariat du Programme national ne sera informé qu’en août de la même année. Par la suite, le personnel du programme de la Région de Gao s’est rendu dans la zone et a compté 86 cas dont aucun n’a été endigué.

Le fléchissement dans la lutte contre la dracunculose ne s’explique pas, estime le président Touré, en comparant le combat contre le ver de Guinée à un combat de boxe dans lequel il faut savoir toujours tenir la garde.

Avant la remise du prix au chef de l’État, le centre Carter avait décerné des prix au Burkina Faso, à la Côte d’Ivoire, à l’Éthiopie et au Togo pour l’éradication du ver de Guinée. Ces pays sont les derniers en date à éliminer le mal en réussissant à mettre fin à sa transmission pendant 12 mois consécutifs ou plus. Le trophée est une sculpture en acajou taillée à la main et sur laquelle est marquée l’année de la fin de la transmission de la dracunculose dans le pays.

Le centre Carter et ses partenaires de la campagne internationale d’éradication de la dracunculose ont félicité ces 4 pays pour avoir mis fin à la transmission avant 2009, date cible fixée par l’Assemblée mondiale de la santé en 2004. Ces prix commémorant les victoires nationales sur la dracunculose ont été initiés par John Moore, le président du conseil d’administration du Centre Carter et avocat de la campagne d’éradication.

Au sein des pays non francophones, c’est le Soudan qui est à la traîne dans l’éradication de la dracunculose avec 15.054 cas estimés en 2006. Mais l’année suivante, le pays a notifié 6.068 cas soit une réduction de 60%. Le Centre Carter a décerné un prix d’encouragement à Macoy Someone, membre du programme d’éradication du ver de Guinée au Soudan qui a été un des artisans de cette performance.

Avant de regagner Bamako, le président Amadou Toumani Touré a été reçu en audience par son homologue nigérian Oumarou Moussa Yaradoua. Les deux hommes d’État ont sans doute parlé de coopération bilatérale et de la situation dans la sous-région et sur le continent.

Envoyé spécial
S. DOUMBIA – L’Essor

04 Avril 2008.