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A l’invitation du gouvernement du Mali, madame Eva Joly, conseillère spéciale du gouvernement norvégien dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière internationale, séjournera à Bamako du 23 au 26 juin 2008.

Madame Eva Joly sera aujourd’hui à Bamako dans le cadre de l’initiative du gouvernement d’organiser les Etats généraux de la corruption en septembre 2008.

Pendant son séjour, l’ancienne juge d’instruction au pôle financier au palais de justice de Paris rencontrera le président du Comité préparatoire des Etats généraux sur la corruption, l’ancien Premier ministre Modibo Kéita et les membre du Comité pour des échanges fructueux sur l’approche et les résultats attendus des Etats généraux de la corruption, ainsi que sur les questions liées au blanchiment d’argent et la grande criminalité financière.

Il est également prévu différentes rencontres avec des membres du gouvernement, des séances de travail avec les structures de contrôle et de répression de la corruption et la section des comptes de la Cour suprême, le Contrôle général des services publics, la CASCA.

Madame Eva Joly aura aussi des entretiens avec les élus, les membres de la famille judiciaire malienne, notamment les magistrats et avocats.

Avec la société civile malienne, il est prévu que Madame Eva Joly anime un panel sur le rôle de la société civile dans la lutte contre la corruption au Mali.

Actuellement conseillère spéciale Lutte contre la corruption à l’Agence norvégienne de coopération au développement, Madame Eva Joly est la juge d’instruction la plus connue des Français. Elle a instruit de nombreux dossiers de corruption et de délinquance financière.

Nommée en 1990 juge d’instruction au pôle financier au palais de justice de Paris, elle a instruit des affaires connues, comme celle de Bernard Tapie, puis hérité du dossier Bidermann, qui a conduit via Elf-Gabon à l’affaire Elf.

Le 5 juillet 1996, elle fait incarcérer l’ancien PDG d’Elf, Loïk Le Floch-Prigent. Puis, elle ouvre les dossiers de l’affaire des frégates de Taïwan et de l’affaire Dumas-Deviers-Joncour. Elle pousse à la démission le président du Conseil constitutionnel français en 2000, qui sera condamné en 2001, puis relaxé, en appel, en 2003.

En 2002, elle se met en disponibilité de la magistrature française pour devenir conseillère du gouvernement norvégien dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière internationale, déplorant au passage la complaisance en France avec les malversations financières.

Elle explique son départ en Norvège comme un véritable exil pour se mettre à l’abri : « J’ai quitté la France. Je suis partie parce que je ne voulais laisser à personne les moyens et le temps de se venger », a-t-elle annoncé à la presse française.

I. Maïga

23 Juin 2008