Partager


Aujourd’hui, dans le cadre de la lutte contre la corruption au Mali, la question qui suscite des interrogations est la suivante : malgré l’existence d’une multitude de structures de contrôle, pourquoi le phénomène de la corruption ne cesse de prendre de l’ampleur ?

Pour beaucoup de Maliens, lutter contre la corruption n’a pas besoin d’autant de médiatisation autour du phénomène. En exemple, l’explication qu’on peut donner c’est que le voleur ne doit pas être prévenu avant d’être appréhendé, sinon on risque de passer à côté.

Aussi, est-il nécessaire de garder toutes ses structures de contrôle de services publics dont le fonctionnement coûte cher à l’Etat? Est-il logique de garder toutes ces structures? Malheureusement non, parce que tous les responsables de ces mêmes structures demandent aujourd’hui la création d’une structure de contrôle au lieu de cinq.


Pourquoi une structure unique de contrôle des services publics

Du 30 juin au 11 juillet 2008, le comité préparatoire des Etats Généraux de la Corruption a reçu toutes les structures de contrôle, tous les organes et organismes qui suivent avec intérêt le phénomène de la corruption au Mali. L’objectif était de recueillir leur perception du phénomène et de proposer les solutions à l’Etat pour freiner ou mener à bien la lutte contre la corruption.

Au cours de ces différentes rencontres, les responsables des différentes structures de contrôle ont tous prôné la création d’une structure unique de contrôle, en revoyant le budget de fonctionnement des structures présentement existantes.

Les responsables des structures ayant participé à la rencontre étaient : le président de la Section des Comptes de la Cour Suprême, M. Ouéna Niaré, le controleur général d’Etat adjoint, Mme Diallo Oumou Traoré, l’inspecteur des finances, M. Youssouf Kébé, le président de la Cellule d’Appui aux Structures de Contrôle de l’Administration (CASCA), Bréhima Noumoussa Diallo.

Pourtant, la proposition d’une structure unique peut être salutaire quand on se refère surtout au manque à gagner qui s’élève à 54 milliards contre 67 milliards déjà recupérés sur les 103 milliards dévoilés par le rapport du végal.

A cela, il faut ajouter les budgets de fonctionnement de l’équipe du bureau du vérificateur général, 3,343 047 000 milliards, de la Cour Suprême 1,403 817 000F CFA, du Contrôle Général des Services Publics 834 611 000F CFA, l’Inspection Générale des Finances 403 514 000F CFA, sans compter la somme allouée à la CASCA.

Déjà, en comptabilisant tous ces budgets, on a 4 984 989 000, plus les 54 milliards de manque à gagner décélé par le vérificateur général, ce qui fait environ 60 milliards de pertes pour l’Etat.


Une vaine lutte

La lutte contre la corruption reste aujourd’hui à désirer. Si l’on accuse le bureau du végal d’être un dérangeur public, ses rapports sont considérés comme des coquilles vides. Doit-on toujours maintenir l’existence de cette structure qui est à l’origine de la confusion entre les autres structures de contrôles? Autant, les structures qui dénoncent cet état de fait, ont-elles aussi leur raison d’être?

Toute chose qui exige une analyse approfondie de la part des plus hautes autorités, si réellement on tient à la lutte contre la corruption au Mali. Même les partenaires techniques et financiers déplorent aujourd’hui l’existence d’autant de structures de contrôle de la gestion des ressources publiques car, à leurs yeux, malgré cette exitence, le phénomène continue à prendre de l’ampleur.

Si beaucoup protestent contre la lutte contre la corruption, c’est parce que les grands corrupteurs échappent aux mailles de la justice. Parfois, il ne sont jamais soumis au contrôle comme s’ils étaient au dessus de la loi. La lutte contre la corruption ne doit pas être non plus comme une formule de droit ou chaque principe en général est suivi d’une exception. Dans cette logique, comment peut-on lutter la corruption?

La société civile

Lors de son séjour à Bamako sur l’invitation du gouvernement malien, la Norvégienne Eva Joly, juriste de formation dans son pays, et spécialiste en matière de lutte contre la corruption, avait déclaré que la meilleure manière de lutter contre la corruption est d’impliquer la société civile.

Pour qui connait la mentalité de la société civile malienne, on peut dire que ce combat ne sera pas facile au Mali. En tout état de cause, la lutte contre la corruption est un devoir patriotique.


Hady BARRY

23 Juillet 2008