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Le parti de l’Union pour la République et la Démocratie (URD) est-il en bonne position pour remporter cette présidentielle de 2012 à laquelle il aspire tant? Telle est, en tout cas, la préoccupation des militants, sympathisants et autres cadres du parti à plusieurs niveaux.

Ces échéances constituent une préoccupation pour eux, d’autant plus que de plus en plus, l’ADEMA-PASJ est en train de reconquérir le terrain, provoquant encore plus le tournis au sein de ce parti créé par Soumaïla Cissé, après sa rupture avec celui de l’abeille.

Cela est d’autant plus vrai qu’un cadre du bureau politique du parti de la “Poignée de mains” faisait récemment état de ses appréhensions face à la montée en puissance du parti de l’ancien Président de la République, Alpha Oumar Konaré.

En effet, depuis un certain temps, le parti créé par l’actuel président de la commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) connaît, de sérieuses difficultés dûes surtout à l’inconséquence de quelques uns de ses plus hauts cadres, dont -en premier lieu- le président du parti,Younoussi Touré.

Ce dernier, comme on le sait, n’est pas beaucoup doué en politique. Depuis son départ précipité de la Primature en 1992, rarement on l’a vu évoluer sur le terrain politique. Mais avec la rupture de Soumaïla Cissé d’avec l’ADEMA et la création de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), par lui et quelques frustrés de l’ADEMA, le premier Chef du gouvernement de Konaré, après un bon moment de silence, fera son apparition sur la scène politique… aux cotés de Soumaïla Cissé.

Pourtant, même dans sa propre circonscription électorale, on lui dénie toute légitimité à la base. Cela a été prouvé lors des élections législatives dernières, où sa candidature avait été réjetée par les militants, avant que la direction du parti ne partent l’imposer, en suppliant souvent les militants. Mais cela n’a pas suffi, car des responsables ont considéré ce fait comme de l’imposition. Toute chose qui les a aménés à démissionner du parti avec quelques fracas.

Au niveau de ces circonscriptions, ces démissionnaires continuent d’oeuvrer en vue d’affaiblir le parti au profit de celui sur lequel ils ont jeté leur dévol.
Aujourd’hui, tout porte donc à croire que les chances du parti sont minces, s’agissant de la prochaine élection présidentielle prévue en 2012. Ce manque de baraka s’explique par le fait que le parti se trouve en face d’une Opposition qui cherche à se structurer au mieux pour s’imposer. Pire, l’ancien parti au pouvoir ne jure que par la reconquête dudit pouvoir qu’il a perdu en 2002, face à la candidature d’Amadou Toumani Touré.

De son lieu de résidence, Soumaïla Cissé passerait, indique t-on, des nuits d’insomnie, à cause de la mauvaise situation dans laquelle ne trouve actuellement le parti qu’il a crée et qu’il souhaite voir occuper le fauteuil présidentiel de Koulouba. “L’URD n’a aucune chance d’occuper le fauteuil présidentiel en 2012 , car en dehors de Soumaïla Cissé , il n’y a pas encore aucun homme autour duquel on puisse amener un grand nombre de Maliens à adhérer au parti”, déclarait un observateur de la scène politique, qui constate avec regret l’état de dégradation de la force du parti de la “Poignée de mains”.

Dans plusieurs localités du pays, des militants se reconnaissent jusqu’à présent dans le parti, à cause de l’actuel président de la commission de l’UEMOA. Mais aujourd’hui, il ont le sentiment d’être abandonés, bienque l’écart de Soumaîla puisse s’expliquer par les exigences de sa fonction.
Mais les populations ne peuvent pas le comprendre: elles ne savent pas ou ignorent totalement que les charges actuelles du fondateur de l’Union pour la République et la Démcratie l’obligent à être un peu distant du terrain politique malien.

C’est malheureusement de cette situation que souffre le parti, car Younoussi Touré, qui assure sa présidence, n’a guère l’envergure d’un homme politique capable de rassembler les Maliens autour des idéaux de l’URD. Pour cela, le parti risque d’en pâtir, en 2012.

Laya DIARRA

23 novembre 2007.