Partager

Après le Rassemblement Pour le Mali (RPM) d’Ibrahim Boubacar Keïta qui, selon bien des observateurs avisés de la scène politique, ressemble de nos jours à “une coquille vide” en Commune VI, à cause du constat de la défection de la quasi-totalité de ses militants au profit de l’Adéma-PASJ, c’est le parti de l’Union pour la République et la Démocratie (URD) qui s’apprête à son tour à subir, dans les jours prochains, une grande fronde venant de certains de ses militants.

A l’origine de ladite fronde se trouverait un grand cadre du parti qui ne cache plus ses intentions de “plier bagages” en direction du parti des Ruchers. Il en aurait même livré la confidence à un de ses amis et non moins responsable influent du parti de l’Abeille en Commune VI.

Qu’est-ce qui motive donc la décision de ce responsable du parti de la “Poignée de mains“ à rompre avec ses camarades du parti? Des informations plus détaillées ne sont pas encore recueillies sur la question. Néanmoins, ce qui est certain, par contre, c’est que ledit responsable déclare avoir obtenu l’adhésion et l’engagement de l’essentiel du peuple URD en Commune VI à le suivre n’importe où, quoi qu’il puisse leur en coûter.

Vrai ou faux? Ou s’agit-il plutôt, pour ledit responsable, d’une “simple” opération de charme en direction de l’Adéma? Rien n’étant donc sûr sur la question, il y a donc lieu que les responsables de l’URD en Commune VI se ressaisissent au plus tôt. Car les échos et autres rumeurs qui circulent dans les rues ne leur sont pas du tout favorables.

On se rappelle que le parti avait été sérieusement secoué, lors des législatives de 2007. Le fond de la secousse : une question de candidatures controversées, avec, à son centre, celle du député sortant dit “transfuge” du CNID-Faso Yiriwa Ton, Me Demba Traoré.

Par défaut de portage sur la liste de ce parti, Me Demba Traoré a été imposé, depuis Ouagadougou, aux militants URD de la Commune VI, par le truchement du “grand manitou” et fondateur du parti, en l’occurrence, le président de la Commission de l’UEMOA. Aussi, selon de nombreux de militants URD de la Commune VI, leurs responsables ne devraient aucunement accepter ce diktat de Soumaïla Cissé.

En l’époque, il y avait même eu une fronde soldée par la démission de celui qui fut contraint de céder sa place à Me Demba Traoré. C’est qu’avant que “l’atmosphère soit gâchée“, comme on dit, la liste des candidats URD à la législative de 2007 était déjà bouclée avec l’imposition de la candidature de Me Demba Traoré.

Aussi, traités de “laxistes” et de “béni-oui-oui“, les responsables du parti de la ”Poignée de mains” avaient eu maille à partir avec les militants. Mais avec l’adhésion formelle, et en fanfare, de Me Demba Traoré et ses partisans à l’URD, la brèche de cette situation qui dégénérait avait pu être colmatée.

Mais lorsque des centaines de militants du parti remettent de nouveau le couvert, et ce, à la veille des élections communales de 2009, il y a vraiment de quoi inquiéter les responsables de l’URD en Commune VI. Faut-il alors établir un lien entre la grande frustration née des élections législatives et la présente fronde des militants qui projettent de virer à l’Adéma?…

Le moins qu’on puisse dire, en tout cas, c’est qu’en Commune VI les responsables du parti de la “Poignée de mains“ ont réellement du pain… chaud sur la planche. Et que dire alors, lorsque lesdits responsables envisageaient de déloger, sinon d’éjecter l’Adéma et ses allies des commandes de la mairie?

Il est donc grand temps, pour eux, de chercher à contenir cette nouvelle crise en perspective, si toutefois ils tiennent à réaliser leurs ambitions. Le pourront-ils encore?… Dans tous les cas, le vin semble déjà tiré, il ne reste plus qu’à le boire.


Adama S. DIALLO

24 Octobre 2008