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Pour un besoin de 2002 milliards FCFA, le Programme Economique Régional de l’UEMOA vient d’obtenir, à l’issue de la table ronde des bailleurs de fonds tenu à Dakar 2 438 milliards. Plusieurs projets concernent notre pays notamment : la réhabilitation du Chemin de fer Dakar-Bamako, le projet d’interconnexion des réseaux électriques prioritaires Mali-Côte d’Ivoire, la promotion des investissements privés à l’Office du Niger.

Le Programme Economique Régional (PER) de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) vient d’avoir un écho favorable auprès des bailleurs de fonds.

Après avoir rappelé leur totale adhésion et leur décision à participer activement à son mécanisme de suivi, les partenaires techniques et financiers, réunis à Dakar du 2 au 3 novembre dernier, ont tous annoncé leur disponibilité à contribuer substantiellement au financement du PER.

En effet, ce programme lancé à l’initiative des Chefs d’Etat en vue d' »impulser une dynamique nouvelle au processus d’intégration » afin de « faire de l’UEMOA un espace unifié et ouvert au profit d’une société solidaire » a été estimé à 2 910 milliards de Fcfa sur la période 2006-2010.

Les huit Etats membres qui ont déjà mobilisé 908 milliards de Fcfa soit 31% du montant global attendaient des bailleurs de fonds le complément de 68,8% soit 2 002 milliards.

Les annonces des bailleurs de fonds sont allés au delà des espérances. Ceux-ci ont annoncé des contributions d’un montant global de 2 438 milliards de Fcfa. Le PER a été élaboré par la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) et la Commission de l’UEMOA, conformément à la déclaration du 10 janvier 2004 de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union.

Il vise l’approfondissement de l’intégration régionale à travers le renforcement du secteur productif et des services sociaux de base. Il s’articule autour d’un ensemble de projets intégrateurs sélectionnés au niveau régional, compte tenu de leurs effets catalyseurs dans la réalisation des objectifs de croissance et de développement de l’UEMOA.

Selon le Président du Sénégal, Me Abdoulaye Wade, qui a présidé la cérémonie d’ouverture de la table ronde, l’une des principales contraintes auxquelles les pays de l’UEMOA sont confrontés dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) est liée au faible niveau des ressources disponibles pour le financement de l’investissement dans les secteurs clefs tels que les infrastructures de base, l’agriculture, l’éducation et la santé.

« Dans la plupart de nos pays, les niveaux de revenus et d’épargne demeurent encore faibles et limitent de ce fait les possibilités de mobilisation de ressources internes substantielles. En outre, une conjoncture internationale défavorable, marquée notamment par les déséquilibres commerciaux dues aux subventions à l’agriculture pratiquées par les pays industrialisés et par la hausse vertigineuse du prix du pétrole freine sérieusement nos efforts de croissance économique et de progrès social« , a déploré le Président Wade.

Mais selon lui, malgré ces défis multiples, il nous faut poursuivre nos objectifs communs dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et de redressement des tendances défavorables.

Me Wade s’est réjoui de la place de choix faite aux infrastructures dans le PER qui sont des facteurs déterminants pour le développement à long terme de l’UEMOA.

Parmi les axes stratégiques du PER figurent : la réhabilitation du chemin de fer Dakar-Bamako (30 milliards de Fcfa) ; la mise a niveau et aux normes des infrastructures aéroportuaires des Etats membres 60 milliards) ; le projet de création de la compagnie aérienne sous régionale (29 milliards) ; le projet d’inter connexion des réseaux électriques prioritaires Mali-Côte d’Ivoire (74 milliards) etc.

La réhabilitation et la modernisation concernent aussi plusieurs routes du Mali. Aussi un accent particulier est mis sur la promotion des investissements privés agricoles à l’Office du Niger du Mali dans le cadre de l’UEMOA (22 milliards de fcfa) et le programme de l’écosystème du Fleuve Niger.

La mise en place du fonds régional d’investissement pour le développement de l’industrie textile dans l’UEMOA concerne le Mali qui est un grand producteur de coton.

Me Wade a, toutefois, relevé la nécessité de donner une plus grande importance au développement des ressources humaines et à la protection de l’environnement dan la prochaine actualisation du PER.

Notre compatriote, Soumaïla Cissé, président de la Commission de l’UEMOA, a souligné lors d’une conférence de presse l’importance du PER dans l’accélération de la croissance et la réduction de la pauvreté.
Pour lui, « le PER est un programme de chaque citoyen » dont l’impact se fera sentir sur le développement de l’Afrique.

Outre les représentants des huit Etats de l’Union étaient présents à la rencontre : l’Algérie, le Canada, l’Italie, le Japon, la France, l’Allemagne, la Chine, la Belgique, les Pays-Bas et le Maroc.

La table ronde a enregistré la participation des partenaires au développement dont la Banque mondiale, le FMI, le PNUD, la Commission Européenne, la SFI, la BAD, l’ACBF, la BEI, l’USAID.

F. Traoré

07 novembre 2006.