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Pas très charismatique mais d’une loyauté absolue, en bref le dauphin idéal. A 63 ans, le général à la retraite Joao Lourenço va incarner le nouveau visage du pouvoir en Angola, personnalisé pendant trente-huit ans par Jose Eduardo dos Santos. Ancien ministre de la Défense, il va s’installer mardi dans le siège de président de la République, grâce à large victoire obtenue par son parti, le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA) au pouvoir, aux élections générales d’août. « Joao Lourenço fait partie du premier cercle du pouvoir », résume Didier Péclard, chercheur à l’université de Genève, « c’est un fidèle du parti (…), l’homme du consensus ». Même s’il a déjà occupé de nombreuses fonctions officielles, ce n’est que ces derniers mois que les Angolais ont véritablement découvert cet homme discret, peu à l’aise sur les estrades. Depuis les années 1970, tout le parcours de Joao Manuel Gonçalves Lourenço témoigne de sa loyauté sans faille au parti et de son appétit de pouvoir.Joao Lourenço rejoint la lutte pour la libération de l’Angola en 1974, après la chute de la dictature au Portugal, et prend part aux combats qui conduiront un an plus tard à l’indépendance. « C’est un général dur », estime le journaliste Rafael Marques de Morais. « C’est quelqu’un qui va tenter de s’imposer par la seule force, pas par la diplomatie ou en tentant d’améliorer ce qui ne va pas, mais en étant simplement plus arrogant, ce qui va lui causer très vite des problèmes », pronostique-t-il. En 1984, il devient gouverneur de la province de Moxico (est) et entame son ascension dans l’organigramme du parti. D’abord chef de la direction politique de son ancienne branche armée, puis président de son groupe parlementaire et ensuite vice-président de l’Assemblée nationale.Mais beaucoup en doutent, le jugeant incapable de s’affranchir de la tutelle exercée sur le pays par Jose Eduardo dos Santos. « Au début, il aura une marge de manoeuvre très étroite par rapport à son prédécesseur », note Didier Péclard, « la question est de savoir s’il a la volonté de s’en créer une ou pas ».AFP