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Les 6,9 millions d’électeurs sont appelés à nouveau aux urnes pour le second tour de l’élection présidentielle. Ils doivent départager deux candidats : Ibrahim Boubacar Keita arrivé premier au premier tour avec 39,79 % et Soumaila Cissé qui a recueilli 19,70 % des voix sur les 27 candidats à s’être présentés au départ.

19H 30 TU:Louis Michel : «les recommandations que nous ferons ne porteront pas sur des faits électoraux de nature à contester la légitimité des résultats»

Après avoir pris part au dépouillement dans un bureau de vote, le chef des observateurs de l’Union européenne s’est adressé à la presse

«L’identification des bureaux était beaucoup plus facile. Les gens avaient déjà voté au premier tour. Ils savaient où étaient leurs bureaux de vote. J’ai observé qu’il avait été dépêché dans la plupart des centres des agents électoraux qui pouvaient très facilement, et de manière informatique, localiser le bureau de vote à partir de la carte. On a aussi constaté que les agents électoraux étaient beaucoup plus rompus, plus entrainés qu’au premier tour. Je n’ai ni vu ni entendu nulle part d’intention frauduleuse à ce stade.

Je viens d’ailleurs de participer au dépouillement d’un bureau qui s’est fait avec l’aval les représentants des deux candidats qui se sont accordés sur le nombre de suffrages obtenus par chaque candidat. Il y a eu un bulletin nul qui n’est pas contestable puisqu’il y a eu quelqu’un qui a voté à la fois pour l’un et l’autre candidat. Sur tous les autres bulletins, la volonté du choix de l’électeur était clairement exprimé par l’empreinte. Je voudrai me réjouir de la manière dont ça s’est deroulé : de manière très calme. J’ai eu l’occasion de parler avec pas mal d’électeur dans la journée. Manifestement, c’est la même chose qu’on avait ressenti dès le premier tour. Les citoyens maliens, il faut les féliciter parce qu’ils se sont réappropriés, me semble-t-il, leur destin démocratique. Ça s’est passé dans le respect mutuel. J’ai beaucoup apprécié que les représentants des différents candidats parler ensemble. Il n’y avait pas de crispation, pas de nervosité, pas d’irritation l’un vis-à-vis de l’autre.

C’est une avancée démocratique considérable d’avoir été capable d’organiser des élections en si peu de temps et dans un climat difficile. Il y avait d’une certaine manière une peur. Les citoyens se sont bien rendus compte qu’ils ont frôlé le pire. Il y avait une grosse angoisse autour de ces élections. La communauté internationale aussi était angoissée… Nous étions tous avec une certaine appréhension : nous pensions qu’il faillait respecter les délais mais on avais quand même peur que les autorités auraient du mal à avoir la possibilité de mettre tout ça en place sur les plans logistique et organisationnel. C’est un énorme travail.

Bien entendu qu’il y a de petites irrégularités mais les recommandations que nous feront ne porteront pas sur des faits électoraux de nature à contester la légitimité et la véracité, la sincérité, la réalité des résultats. Celui qui sera élu le sera avec la légitimité démocratique. Ça c’est ma conviction.Je pense qu’aujourd’hui il y a un grand éclairci dans le ciel malien même s’il a plu.

18H40 TU: À 18H les bureaux de vote ont fermé. Place aux dépouillements. À l’école du fleuve de Djokoroni para, les comptes sont presque qu’identiques qu’au premier tour. Au bureau de vote Numéro 11 par exemple, il y a eu 262 votants sur 490 inscrits contre 271 au premier tour. Mais à la différence du 28 juillet où 10 bulletins nuls ont été enregistrés, il n’y a eu qu’une seule voix non exprimée ce 11 août.

Au bureau numéro 10 du même centre, 276 électeurs se sont rendus aux urnes contre 291 le 28 juillet

15H00 TU : En attendant les premières estimations de la participation, l’heure est encore aux pronostics. Dans les différents centres de vote, l’affluence laisse à désirer, du moins visiblement. Cela présage-t-il une rechute du taux de participation ?

Pour le président du bureau de vote Numéro 05 de Hamdallaye plateau, Gaoussou Kanté la réponse est non. « Nous avons déjà épuisé trois carnets de bulletins de vote. C’est presque la même chose que pour le premier tour à la même heure », nous a-t-il affirmé peu après 14H.

Un carnet comporte 75 bulletins de vote. Ce qui sous-tend une participation de près de 50% dans ledit bureau à la mi-journée. Au premier tour quelque, trois-cent cinquante électeurs avaient véritablement accompli leur devoir de citoyen dans ce bureau.

13H20TU : Le Pole d’observation citoyenne et électorale (Poce) «se félicite, pour le moment, du démarrage correct des opérations de vote» et «encourage les autorités chargées de l’organisation des élections à poursuivre les efforts de correction des insuffisances et dysfonctionnements». C’est ce qui ressort d’un communiqué du Réseau ONG d’appui au processus électoral au Mali (Apem) rendu public dans la mi-journée.

«De manière générale, 89,9% des bureaux de vote couverts ont été ouverts à l’heure», estiment ces experts nationaux. Ce taux, en deçà de celui du premier tour (96%), s’expliquerait «par la forte pluviosité enregistrée notamment dans les régions de Bamako, Koulikoro et Kayes», selon l’ONG.

Dans le cadre de cette plateforme, le Réseau APEM a déployé 2 100 observateurs et 78 Superviseurs sur l’ensemble du territoire national. A 12 heures, 1.485 d’entre eux ont envoyé des rapports à la cellule de coordination de l’opération. Les statistiques ainsi révélés proviennent de l’analyse de ces rapports

12H00 TU : Après avoir voté aux environs de 10 heures 30, le candidat du Rassemblement pour le Mali (RPM) avait convié la presse à sa résidence, sise à Sébéninkoro. Sa déclaration qui est intervenue une heure plus tard dura une vingtaine de minutes. Pour Ibrahim Boubacar Keïta, arrivé premier au premier tour, «peu importe ce qui sortira des urnes, ce soir, le Mali a déjà gagné» sa sortie de crise.

«Il faut qu’ensemble, nous redessinons les lignes d’un Mali nouveau avec comme socle: l’intégrité absolue du territoire, la corruption tolérance zéro, la compétence…», a affirmé le chef des tisserands.

10H 00 TU : Dioncounda Traoré après son vote au lycée Mamadou Sarr : « Le taux de participation que nous avons atteint au premier tour est probablement un pari gagné dans ce processus électoral… Je n’ai pas vu d’irrégularité. Les bulletins nuls veulent tout simplement dire que des électeurs n’ont pas exprimé un choix… Mais on peut dores et déjà dire que la transition a réussi »

9H 30 TU : La faible affluence de cette matinée est elle du au fait de la pluie? Selon toute vraisemblance, elle n’est pas le seul facteur. Des confrères que nous avons contacté à Yirimadjo en commune VI indiquent que « les électeurs ne se bousculent pas aux portes des bureaux de vote » alors qu’il ne pleut pas dans cette localité.

Tout de même, à la différence du premier tour, les électeurs ont préalablement identifié leur bureaux de vote.

jpg_unetof.jpg8H 20 TU : Au lycée Mamadou Sarr où le président de la République doit voter vers 9H, le chef des observateurs de l’Union europeenne vient d’assister à l’ouverture des bureaux de vote. Louis Michel a été précédé par des observateurs de l’Union africaine dans le bureau Numero 10 où la première dame est aussi appelée à voter. C’est effectivement à 8H que ce bureau s’est ouvert comme le stipule la loi électorale.

La forte pluie qui s’abat actuellement en commune IV du district de Bamako semble avoir dissuadé les électeurs qui n’ont pas été matinaux ce 11 août contrairement au premier tour le 28 juillet.

Seydou Coulibaly

11 Août 2013
AFRIBONE