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Depuis le dimanche soir, la tension a monté d’un cran, quand les partisans d’Ibrahim Boubacar Kéita ont proclamé la victoire du candidat après la diffusion des résultats de certains bureaux de vote du district de Bamako et de l’intérieur du pays. Proclamant la victoire d’Ibrahim Boubacar Kéita au premier tour, des militants ont manifesté dans les rues, criant victoire au ‘’Takokelen’’. « Je pense qu’il n’est pas bon pour le calme et la sérénité de la période postélectorale et de la gestion des résultats, que l’on livre des résultats partiels qui donnent une perception qui ne correspondrait pas évidemment aux résultats réels. Il y a un risque de dévoiement de la perception avec tout le reste que cela comporte ». Il a lancé un appel à tous les candidats pour qu’ils exercent « un devoir de réserve, de prudence et de respect vis-à-vis des électeurs », a indiqué Louis Michel en conférence de presse mardi 30 juillet. « Il est de mon devoir moral de lancer un appel au aux partis politiques, aux journalistes et à tout le monde, pour que tous les décideurs respectent la sérénité adoptée par les citoyens. Des annonces intempestives et partielles des résultats sont de nature à créer des problèmes », selon Louis Michel.

De leur côté, les candidats du FDR, constatant que ces résultats peuvent influer sur l’opinion, ont réagi pour dénoncer la proclamation prématurée de toute victoire, un rôle qu’ils ne reconnaissent qu’aux institutions habilités pour ce faire. Ils ont soutenu cependant qu’un second tour est indispensable. Ils ne sont donc pas prêts à accepter cette présumée victoire d’IBK. Dans le marigot politique malien, la tension monte de part et d’autre.

Les quatre candidat du FDR, à savoir, Soumaïla Cissé, ancien président de la Commission de l’UEMOA, Modibo Sidibé ancien Premier ministre, Dramane Dembélé, candidat de l’Adema-Pasj et Jeamille Bittar, ancien président de la Chambre de commerce et d’Industrie du Mali, puis président du Conseil économique, social et culturel du Mali, font désormais cause commune.

Mais précisent-ils, il ne s’agi d’un front anti-IBK, mais d’un front anti-putsch qui s’est battu pour le retour à l’ordre constitutionnel, après le coup d’Etat du 22 mars 2012. Les acteurs du FDR se rappellent que le président du RPM, Ibrahim Boubacar Kéita (IBK) a été membre du FDR avant d’abandonner ses camarades anti-putsch.

Compte tenue de la préoccupation actuelle, qui implique aussi bien la presse, que les partisans, les candidats et les militants, le chef de la Mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE UE), l’ancien Commissaire Louis Michel les a rappelés à l’ordre, lors de la conférence de presse de la MOE UE de ce mardi 30 juillet. Louis Michel a lancé un appel pressant aux candidats : « Je pense qu’il n’est pas bon pour le calme et la sérénité de la période postélectorale et de la gestion des résultats, que l’on livre des résultats partiels qui donnent une perception qui ne correspondrait pas évidemment aux résultats réels. Il y a un risque de dévoiement de la perception avec tout le reste que cela comporte ».

Il a lancé un appel à tous les candidats pour qu’ils exercent « un devoir de réserve, de prudence et de respect vis-à-vis des électeurs ». Il y a des procédures, des institutions et des processus qui sont prévus pour annoncer des résultats. Cette croisade ne doit pas être substituée à ces procédures. « Nous allons attendre pour ce qui nous concerne l’annonce des résultats par la voie officielle », a déclaré Louis Michel, en insistant sur la nécessité de respecter la procédure normale et de laisser les institutions jouer normalement.

Louis Michel a trouvé dommage de voir dans la presse malienne des résultats partiels. « Lâcher partiellement des informations pour donner une image qui, quelque part ne correspond pas nécessairement à la vérité des résultats, c’est jouer avec le feu, c’est un délire, c’est des supporters. Il faut laisser la procédure se développer et se dérouler normalement. Si on ne reste pas strictement dans la légalité des procédures, alors on a un problème », a-t-il assené.

Louis Michel recadre sa mission : « il est de mon devoir moral de lancer un appel au aux partis politiques, aux journalistes et à tout le monde, pour que tous les décideurs respectent la sérénité adoptée par les citoyens. Des annonces intempestives et partielles des résultats sont de nature à créer des problèmes ».

B. Daou

Le Républicain du 31 Juillet 2013.