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Les bérets rouges étaient nombreux hier mardi 26 juin à répondre à l’invitation du Chef d’Etat major des armées, le Colonel-major, Ibrahim Dahirou Dembélé. Deux points étaient inscrits à l’ordre du jour de cette rencontre : la dissolution du 33ème régiment des commandos parachutistes et le dispatching de ses éléments entre les différentes garnisons du pays. Ces deux décisions de la hiérarchie militaire initiées suite aux affrontements armés des 30 avril et 1er mai derniers ne semblent pas avoir l’adhésion des bérets rouges qui ont tenu à l’exprimer de vive voix au Chef d’Etat major des armées. Le Colonel-Major Ibrahima Dahirou Dembélé, qui a pris bonne note des différentes interventions, est dans une logique d’application stricte de la décision, même s’il n’écarte pas la poursuite de la concertation

Après le contre-coup de force manqué du 30 avril, le président du CNRDRE, le Capitaine Amadou Haya Sanogo, dans une déclaration solennelle, avait annoncé la dissolution du régiment paracommando de l’armée malienne, à l’origine, selon lui, de cette attaque. Les autorités militaires viennent d’officialiser une décision qui a été portée hier à l’attention des militaires concernés. Ainsi, le régiment commando parachutiste sera dissout et les bérets rouges qui le composent seront mutés entre les différents corps. Cela, des hauts gradés jusqu’aux hommes de rang. C’est le chef d’état major des armées, le Colonel-Major Ibrahim Dahirou Dembélé, qui était venu porter le message. Il était accompagné par le chef d’Etat major de l’armée de terre, le Colonel Ibrahima Fané, et des colonels, Eloi Togo et Youssouf Traoré. Les émissaires du CNRDRE ou plutôt du ministre de la Défense, après avoir porté ces deux informations aux hommes du désormais ancien régiment para, ont pris soin de recueillir les avis et les préoccupations des uns et des autres par rapport à cette décision d’affectation. Comme, il fallait s’y attendre, les bérets rouges ont exprimé plusieurs préoccupations par rapport à cette décision. « Nous avons été formés pour opérer dans des zones difficiles d’accès. Avec cette décision de dissolution de notre régiment et notre dispatching au sein des autres corps, comment nous pourrons être efficaces au sein de l’armée » s’interroge un intervenant. Aussi, d’autres ont également posé la question de savoir les critères sur lesquels le dispatching se fera entre les autres corps.

« Nous ne sommes que des exécutants, pourquoi nous faire payer les décisions de nos chefs à travers ces différentes sanctions », s’interroge un autre intervenant. Par ailleurs, d’autres encore ont fait des propositions, à savoir faire en sorte que le régiment reste en place, mais qu’il soit commandé par un Officier militaire d’un autre corps de l’armée. Il faut retenir qu’au terme de la rencontre d’hier, plusieurs interrogations sont restées sans réponse. En somme, presque tous les intervenants ont affirmé au chef d’Etat major des armées, l’inopportunité de cette décision de dissolution du régiment para au moment ou les 2/3 du territoire se trouvent entre les mains des bandits armés. Quant aux émissaires du ministre de la Défense, tout en réaffirmant leur volonté d’appliquer cette décision, ils ont aussi indiqué par la même occasion la poursuite de la concertation autour du même sujet.

En tout cas, les deux heures d’horloge d’échanges n’ont pas pu permettre aux émissaires du ministre de la Défense de convaincre leurs interlocuteurs du jour. Car, même après le retrait du chef d’Etat major, un officier supérieur, à savoir, le Colonel Eloi Togo, a tenté d’expliquer le bien-fondé de cette décision aux bérets rouges, mais en vain.

« Ceux qui ont fait le coup d’Etat du 22 mars ont été amnistiés dans l’intérêt supérieur de la nation. Pourquoi le régiment para ne peut pas bénéficier d’une telle faveur pour les actes du 30 avril. En tout cas, nous sommes contre la dissolution du régiment para mais aussi contre la décision de dispatching  » a conclu sur un ton ferme l’un des bérets rouges.

Kassoum THERA

L’Indépendant du 28 Juin 2012