Partager

La situation présente dans le septentrion malien est suffisamment explosive pour que viennent s’y ajouter des annonces, aiguisant les convoitises, de découvertes de ressources minières en tous genres : uranium et peut être manganèse, pétrole et gaz.

En réalité, ce n’est pas tant l’annonce elle-même qui pose problème mais que l’on ne s’en soit pas servi pour en faire un puissant levain pour la paix, est un manque de vision politique coupable.

Un Etat organisé et des politiques avertis auraient fait de ces découvertes, celles avérées ou à venir, une aubaine à mettre en relation avec les vecteurs de la recherche de la paix. Une formidable machine de développement pour répondre à la fois au déficit avéré dans ce domaine et en même temps le gage de lendemains meilleurs dans le Nord-Mali.

Lendemains qui ne seront possibles que si le climat est apaisé et les partenaires au développement sécurisés.

L’annonce de probables gains supplémentaires qui profiteront au premier chef aux régions du Nord (même si les autres ne seront pas oubliées) sont une réponse à l’attente des populations. Et parce que la paix n’a pas de prix, l’Etat saura éviter le syndrome du delta du Niger, véritable épine au pied du Nigeria.

Tout se passe comme si le sort, par ces découvertes annoncées ou supputées, voudrait nous aider à répondre aux exigences de la paix : le bonheur et la prospérité.

En allant au delà de l’effet d’annonce, on contribuera à créer une dynamique d’espoir en même temps qu’on fauchera l’herbe sous les pieds des multinationales et des puissances étrangères qui ne tireront leur épingle du jeu que si nous sommes spoliés de nos richesses. Qui nous dresseront, le moment venu, les uns contre les autres, pour leurs seuls intérêts.

Il faut, en anticipant, faire que cette manne tant attendue, ce don du ciel, ne se transforme en ce pétrole maudit (comme un peu partout en Afrique), en cet or du diable qui brûle tout ceux qui le touchent plus qu’il ne rehausse…


S.El Moctar Kounta

16 Mai 2008