Partager


Arrivé au pouvoir à l’issue des élections présidentielles de 2002, le président de la République Amadou Toumani Touré aura beaucoup fait pour honorer ses engagements vis-à-vis des populations, ses électeurs. C’est sans doute pourquoi, dans la mouvance actuelle des préparatifs des élections générales de 2007, la côte de popularité du président de la République ne fait que monter en flèche. Cela au grand dam de certains acteurs politiques qui étaient ses collaborateurs et qui ont décidé non pas de conquérir le pouvoir, conformément à la vocation de tout parti politique, mais simplement parce qu’ils estiment que le président de la République Amadou Toumani ne les a pas suffisamment récompensés.

C’est cela le fond du problème et qui choque tout Malien qui croyait que les uns et les autres, étaient, comme ils aiment l’affirmer souvent, des patriotes et des démocrates sincères. C’est surtout en périodes préélectorales et électorales qu’ils donnent cette impression d’aimer le Mali plus que tout le monde et affirment qu’ils ont des ambitions qui correspondraient à la satisfaction des préoccupations essentielles des populations, toutes sensibilités confondues. Est-ce vrai?

L’OPPOSITION, D’HIER A AUJOURD’HUI

Rien n’est moins sûr, quand les opposants d’aujourd’hui disent qu’ils feront le miracle pour approfondir notre processus démocratique, puisqu’on a heureusement vu ces enchanteurs à l’oeuvre pendant plusieurs années dans le cadre de la gestion des affaires publiques sans qu’ils puissent faire quelques actions particulières qui attireraient l’attention des populations au point de les inciter à leur renouveler leur confiance.

En effet, certains ont été des ministres, d’autres Premier ministres. Au finish, on retient de leur passage à ces instances de décision: trop d’autorité assimilable aux relations entre le maître et son esclave; le refus systématique d’avoir une oreille attentive pour l’opposition qui, pourtant a joué en son temps son rôle et qui n’a eu comme récompense que la répression de la part d’un pouvoir qui estimait que “l’opposition est irresponsable” pour qu’on lui confie les destinées du pays, “trop faible “ pour jouer pleinement son rôle ou faire peur, voire déstabiliser le pouvoir d’alors.

Pour les ténors d’alors du pouvoir, il s’agissait d’une opposition destructrice. Toutes les propositions de cette opposition ont été rejetées d’emblée. N’est-ce pas pourquoi, en son temps, le Premier ministre de l’époque, qui avait aussi la casquette de président du parti majoritaire au pouvoir, avait pris la responsabilité d’arrêter des leaders de partis politiques et de les mettre en prison?

C’était au nom de la démocratie, de l’Etat de droit pour faire régner l’ordre public, mais aussi dans l’intérêt du pouvoir qu’on voulait sécuriser pour défendre des intérêts de groupes. Ceux qui sont aujourd’hui en train de se réclamer de l’opposition, parce que voulant réaliser l’alternance politique en 2007 ont plutôt été des bourreaux de cette opposition dont les animateurs, malgré tout ce qu’on dit aujourd’hui d’eux, ont suffisamment mouillé le maillot pour la consolidation de notre processus démocratique.

La nation leur rendra hommage face à ceux qu’on pourrait appeler des casseurs d’opposition, qui ont empêché de tourner par finir les ténors du COPPO. Leur mérite, c’est sans doute cela et uniquement dans l’intérêt de leur parti. Dans cette mouvance, il y a forcement eu des complices, en particulier ceux qui étaient des partenaires du pouvoir d’alors. Que dire donc aujourd’hui de l’opposition en gestation? De sa crédibilité? De ses liens avec le processus démocratique? De l’ambition de ses membres pour le Mali? C’est l’opinion publique qui l’appréciera.

LE MANDAT BIEN REMPLI D’ATT

Or, le président ATT qui a pris les rênes du pouvoir avec la collaboration de plusieurs partis et organisations de la société civile, a eu une prestation qui honore tout le Mali, tous les Maliens épris de paix et résolument engagés pour la création de meilleures conditions de vie et de travail des populations. Ayant donc compris que leurs efforts seront vains dans le cadre de la lutte pour la réalisation de l’alternance politique en 2007; les adversaires du pouvoir montent continuellement au créneau, non pas pour dire la vérité au peuple sur ce qui se passe réellement, mais pour raconter des ragots.

C’est d’ailleurs ce qui amène certains à affirmer, sans se gêner, que rien n’a été fait en cinq années de gestion du pouvoir par ATT. Ce ne sont là que des aberrations. De là déjà; on peut se faire une idée de ce que valent ces hommes politiques et de ce qu’ils veulent. Ce qui est sûr, c’est qu’ils n’ont pas une ambition véritable pour le Mali, sinon ils n’insulteraient pas les populations qui ont eu la chance de bénéficier de plusieurs ouvrages réalisés par le président de la République dans différentes localités. Si l’on se mettait à énumérer tout ce qui a été fait pendant le mandat d’ATT, on prendrait un espace rédactionnel trop grand et cela pourrait ennuyer le lecteur.

Cependant, on pourrait en citer quelques uns, en particulier les infrastructures de désenclavement intérieur et extérieur, les augmentations de salaires des agents de l’Etat, la construction des logements sociaux, des ponts et des barrages, l’aménagement des périmètres irrigués, la mécanisation de l’agriculture.

DES SENSATIONS A LA PLACE DES ARGUMENTS DE CAMPAGNE

En affirmant que rien n’a été fait pendant les cinq années de gestion du pouvoir par ATT, n’est-ce pas là une manière pour eux de dire que ceux qui ont bénéficié de ces réalisations ne les méritent pas? Dès lors on comprend que ces gens là n’arriveront pas loin, puisqu’ils n’ont même pas eu l’idée de ménager leur monture. _ Ils sont à la recherche de sensations qu’ils sont en train de comparer à des arguments de campagne. On le sait, le moment venu, ils seront vomis par les habitants de plusieurs localités du pays qui sont aujourd’hui, plus que jamais convaincus que ces gens là ne se battent pas pour eux, pour la population générale.

Les raisons en sont bien simples: certains pensent qu’ils ont le devoir de prendre une revanche; d’autres qui savent très bien qu’ils n’arriveront pas à atteindre leur objectif en raison de la faiblesse de leur poids électoral pensent que la meilleure manière, c’est de chercher à tout foutre en l’air au moyen de dénigrements.

Une chose est sûre, c’est que ce n’est pas de cette manière que la classe politique signera le retour véritable de l’opposition au Mali. Il faudra une dose de responsabilité, de sérieux pour bâtir une nation et parvenir à améliorer les conditions de vie et de travail des populations. C’est justement cela que nombre d’acteurs politiques ne sont pas encore parvenus à comprendre au Mali.

Moussa SOW

14 mars 2007.