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L’opposition démocratique, composée du FDR et de SADI, a rencontré le Premier ministre Modibo Sidibé, le vendredi 25 juillet. Toutes les questions brûlantes de la Nation ont été abordées par les deux parties qui ont envisagé de se rencontrer une fois chaque deux mois.

La dégradation des conditions de vie de la population, la vie chère, la crise des finances publiques, la crise avec l’Union Européenne (suite à l’enquête de l’OLAF sur le CDE que dirigeait le ministre Ahmed Sow), la crise de l’école et la crise du nord ont été abordée lors de cette rencontre. A cette occasion, le FDR a soumis un Mémorandum au Premier ministre.

Notre commentaire.

Le Premier ministre, Modibo Sidibé, a rencontré, vendredi dernier, à la Primature, les leaders de l’opposition, membres du Front pour la démocratie et la République (FDR) et du parti Solidarité africaine pour la démocratie (SADI). La délégation du FDR, conduite par Tiéblé Dramé était constituée de Mamadou Gakou et Sidiki Simpara de la COPP, de Bréhima Béridogo, Djiguiba Kéita du Paréna, de Sidibé Nana Rosalie de l’ADJ, de Moriba Kéita du RPM, de Ibrahim Cissé du PER, de Amadou Sidibé du RDR et de Mamadou Bagayoko de la CDS-Mogotiguya.

La délégation du parti SADI, conduite par Moussa Coumbéré comprenait Oumou Coulibaly et Massa Sogoba. En introduction, le Premier ministre a déclaré qu’il a souhaité cette rencontre pour échanger avec le FDR et le parti SADI autour des questions d’intérêt commun touchant la vie de la Nation.

Les thèmes abordés ont eu trait à la vie chère, l’initiative riz, les privatisations, la crise des finances publiques, l’école, la crise du Nord, l’accès aux médias d’Etat et aux libertés publiques, les réformes agraires, la réduction du train de vie de l’Etat et la crise avec l’Union européenne.

Le FDR a remis au Premier ministre un mémorandum dont les principaux axes ont été déterminés en conférence des Présidents, tenue lors d’une réunion extraordinaire du regroupement. Le Front pour la démocratie et la République n’a pas failli à son rôle de contrepoids au gouvernement en exprimant, en toute franchise et sans aucune complaisance, les problèmes que rencontre la Nation.

En effet, la rencontre aurait été bénéfique pour les deux parties dans ce sens que le Premier ministre n’a pas rencontré ce 25 juillet des personnalités venues caresser dans le sens du poil un gouvernement englué dans toutes sortes de difficultés comme pour l’encourager à persister dans ses errements. Il est vraiment temps que Modibo Sidibé entende un autre son de cloche, car les populations réclament aujourd’hui cette communication puisque le panier de la ménagère s’allège de jour en jour et qu’on leur assure que la crise est durable.

Le Mali, a résolument indiqué le FDR, continue de traverser, en cette fin du mois de juillet 2008, une crise multidimensionnelle gérée par le gouvernement actuel avec improvisation. La dégradation des conditions de vie de la population, a-t-il souligné, la vie chère, la crise des finances publiques, la crise avec l’Union européenne sont venues s’ajouter à la persistance de la crise de l’école et de celle du Nord.

Le décor était donc clairement planté pour Modibo Sidibé puisque la réunion avec l’opposition s’inscrit dans le cadre du langage de la vérité pour extirper le pays du marasme ambiant et éviter de le maintenir dans la cacophonie laudatrice dans laquelle il se trouve actuellement. Sur la vie chère, l’opposition a fustigé la léthargie du gouvernement face aux spéculateurs bénéficiant des exonérations. La possibilité de passer des marchés de gré à gré faramineux que la Primature a essayé de camoufler, même par voie de presse, a été dénoncée par l’opposition.

Si Modibo Sidibé avait consulté à temps les experts et les leaders de l’opposition, a dit le FDR, il aurait sûrement différé d’une année la mise en œuvre de l’initiative riz – ce qu’ATT a compris assez tard et qui confirme la nécessité de faire recours à l’opposition. De ce fait, il aurait évité au Trésor public, cette grave saignée financière qu’il subit. Aujourd’hui, a indiqué le FDR, notre pays traverse une crise de trésorerie sans précédent.


L’opposition propose

Après avoir répondu positivement à l’invitation du Premier ministre, l’opposition a joué tout son rôle de contrepoids objectif en préconisant une série de mesures. Il demande la réduction du train de vie de l’Etat. Concernant la moralisation des missions et de leurs frais, le front a cité l’exemple désolant d’une délégation malienne qui a participé, à Santiago du Chili, à une réunion internationale sur la baleine.

Qu’est-ce que notre pays a à s’encombrer de pareilles instances très coûteuses et qui défient tout bon sens ? Par ailleurs l’opposition a estimé que la fuite en avant du gouvernement vers les privatisations ressemble purement et simplement à un diktat intolérable que nombre de nos compatriotes ressentent comme une humiliation. En outre, selon le FDR et Sadi, on ne saurait construire une école sans les enseignants.

Le forum sur l’école aurait pu être louable, si la démarche n’était pas accompagnée de la politique de l’intransigeance et de l’autisme. Ce qui, de même, s’applique à la gestion confidentielle de la crise du Nord, avec l’exclusion des institutions de la République, des partis politiques nationaux, de la société civile malienne et qui ne favorise pas sa résolution démocratique.

Or, précise le FDR, “le gouvernement et sa majorité ne sont pas propriétaires du Mali. Les actes qu’ils posent ont des conséquences sur le présent et l’avenir de notre pays”.

L’opposition a réitéré son inquiétude concernant le bras de fer naissant entre l’Union européenne – principal partenaire au développement du Mali- et notre pays, suite à l’enquête de l’Office européen de lutte contre la fraude (Olaf) sur le Centre de développement des entreprises que dirigeait le ministre des Mines, de l’énergie et de l’eau, Ahmed Sow.

Le FDR et SADI, en toute franchise, n’ont donc pas failli à leur mission politique et ont vivement tenu, sans langue de bois, l’entretien de la vérité à un Premier ministre qui, en réalité, se sent aujourd’hui seul, avec le fardeau de son initiative riz dénigré jusqu’y compris par le Chef de l’Etat.

En réponse, le Chef du gouvernement a réaffirmé sa volonté d’inscrire les relations avec l’opposition dans le cadre du dialogue républicain qu’il entend entretenir avec toutes les composantes de la classe politique.

Un communiqué de la Primature précise que les deux parties ont convenu de se rencontrer plus régulièrement. Qu’une périodicité de rencontre de chaque deux mois a été envisagée, en fonction de l’agenda de chacune des parties.

Baba Dembélé

28 Juillet 2008